Le théâtre
de l’inconnu et Premier Acte présentent,
du 26 février au 15 mars 2008, La trilogie
de Belgrade, écrite en 1996 par l’auteure
serbe Biljana Srbljanovic. C’est par l’exil
des personnages, en République Tchèque,
en Australie et aux États-Unis, qu’on nous
démontre le conflit yougoslave du début
des années 1990. Regards de nostalgie tournés
vers la ville de Belgrade: tous les personnages présentés
auraient aimé avoir cette vie meilleure dans leur
propre pays.
Cette pièce est
une œuvre puissante, voire coup de poing comme la
décrit elle-même l’auteure, non pas
grâce aux textes eux-mêmes, mais plutôt
grâce à tous les non-dits perceptibles. En
effet, les trois tableaux présentés possèdent
un même fil conducteur: la violence de la vie, loin
de Belgrade.

Le premier tableau raconte
l’histoire de Mica et Kica,
deux jeunes Croates qui, pour gagner leur vie, dansent
dans les bars de Prague. Violences, tiraillements, concessions…
Alors qu’à Belgrade l’électricité
n’est pas en fonction, à Prague, l’espoir
d’une vie meilleure ne brille qu’à
peine.
Dans le deuxième
tableau, on nous présente Milos
et Sanja, le soir du réveillon,
à Sydney. Le bébé pleure sans arrêt,
l’horloge manque de batteries, le couple ne semble
pas solide. Alcool, pleurs, sexe et frustrations…
Alors qu’à Belgrade il y a une pénurie
d’eau chaude, à Sydney, les cœurs se
refroidissent et s’endurcissent.
Une pianiste sans piano
et un comédien sans pièce nous sont offerts
dans le dernier tableau. Mara et Jovan,
tous deux de Belgrade, se rencontrent lors d’un
party du réveillon, à Hollywood. On ne les
sent pourtant pas heureux, mais on voudrait y croire autant
qu’eux. Rires, peurs et colère… Alors
que la violence fait rage à Belgrade, c’est
à Hollywood qu’elle anéantit les âmes.


La trilogie
de Belgrade propose au spectateur d’observer
la vie de ces jeunes gens par leurs propres fenêtres.
Effectivement, un quatrième mur bien réel
est placé entre les comédiens et les spectateurs,
rendant a contrario les émotions plus accessibles.
À ce propos, les producteurs soutiennent qu’ils
prennent un certain risque à jouer avec ce mur
« Mais n’est-ce pas le risque qui est
intéressant ? ». Je leur concède,
c’est un succès.
C’est une pièce
amère mais réelle, qui, sous des couverts
de peuples sinistrés, nous dévoile que cet
écueil n’est pas typique de cette seule situation,
mais bien qu’elle a une application universelle,
et c’est là où ça fait mal.
Nous sommes souvent tous impuissants face à la
violence de la vie.
À voir, pour
ceux qui ont aimé, entre autres, Les Apatrides
et La société des loisirs,
et pour tous ceux qui sont prêts à se faire
bousculer. C’est plus qu’un divertissement,
c’est une révélation en soi sur la
vie.
Du 26 février
au 15 mars 2008
Mise en scène : Ann-Sophie Archer
Distribution : Sophie D. Thibeault, Éliot
Laprise, Martin Perreault et Marjorie Vaillancourt.
Théâtre
Premier Acte
http://www.premieracte.ca
Crédit
photos: http://www.premieracte.ca/vu.htm
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