Le lundi, 29 juin 2009

 

Tournée École Nationale de l'Humour - cuvée 2009
Mise en scène explosive et désopilante!
Quatorze univers et humour différents. On a du talent au Québec!


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Le 28 juin 2009, dans le cadre du Grand Rire de Québec, avait lieu à l’impérial de Québec, la tournée des finissants humoristes de l’ÉNH (école nationale de l’humour), cuvée 2009.

Quatorze nouveaux humoristes qui nous présentent chacun un numéro d’environ 5 minutes et entre chaque numéro, il y a un petit sketch pour présenter le prochain numéro. Ces sketchs sont également présentés par ces humoristes, qui redoublent d’ardeur pour se changer de costumes, faire bouger les décors amovibles et préparer les accessoires de chaque numéro.

D’entrée de jeu, les humoristes nous font un petit numéro sur scène, qui se termine par une Salsa endiablée. Le ton est donné. Ce sera dynamique, flamboyant et plein de rebondissements.

 



 

Mélanie Ghanimé est la première à présenter son numéro sur le bonheur. Elle est le bonheur et nous explique que ce n’est pas tout le monde qui est fait pour le bonheur, alors aussi bien s’y faire et trouver un autre sentiment à côtoyer, comme la sérénité, la paix. Un très bon numéro, efficace et drôle.

Nicholas Lavoie-McDonald, après une danse effrénée avec les autres membres du groupe, nous donne des trucs pour s’infiltrer dans les conversations. Un genre de loser qui n’a que 42 amis sur facebook et se pense très à la mode. Certains gags sont plus réussis que d’autres. En général, c’est un bon numéro.

Gabrielle Caron, fille peu féminine, que l’on voit en compétition dans un concours de beauté avec deux superbes filles dans le numéro de groupe, nous parle du jour où elle a tenté de changer pour essayer de devenir féminine, douce et sensuelle. Un genre de Sandra Bullock dans Miss personnalité. Un vrai bon numéro, drôle et habilement fignolé.

Hugo Jacques, dont le numéro d’introduction est digne des films asiatiques de série B, avec combats d’arts martiaux, sans oublier les dragons. Dans son numéro, il nous raconte qu’il vit dans un film poche. Il a été élevé par un mille-pattes et il fantasme sur les grosses pieuvres. Un numéro innovateur, très drôle, qui fait changement de ce qu’on est habitué de voir.

Steven Paquin arrive sur scène dans un sketch très original, où il se réveille dans le lit d’une femme laide, et dont il est poursuivi par la suite. Ce petit numéro nécessite beaucoup de synchronisme de la part de tous les humoristes qui doivent rapidement changer le décor, ajouter les accessoires (drap qu’ils manipulent à merveille). On dirait une vraie poursuite en auto, en avion, à la nage et en sous-marin aussi. Son numéro en solo, porte sur la clarté des messages. Il dit que souvent il n’est pas clair lorsqu’il parle. Et c’est ainsi qu’il nous raconte plein d’anecdotes, à travers desquelles il s’empêtre, se met les pieds dans les plats dans ses paroles. Plus il tente de clarifier sa pensée, plus il insulte les gens et cela devient tellement rigolo. Un superbe numéro que les gens ont bien apprécié.

Martin Racine nous amène dans l’univers du soap opera General Hospital dans son numéro de groupe. Encore une fois, beaucoup de coordination est nécessaire pour nous faire défiler tous ces personnages. Le numéro en solo se passe dans le bureau du médecin où, le Dr. Martin explique à M. Thompson que sa femme est morte suite à une complication des amygdales. Une situation très drôle, avec des idées originales sur un médecin aux méthodes peu orthodoxes.

Pour terminer la première partie, Sylvie Tourigny chante Je ne t’aime plus en groupe, puis nous raconte sa première rupture amoureuse. Une fille énergique qui est excellente dans ce numéro où elle demande conseil à son père qui lui dit d’agir plus comme une charrue, plutôt que comme une souffleuse dans sa relation avec les hommes. Elle termine avec un poème, sur une douce musique, intitulé Mange de la marde. Très drôle, c’est un des meilleurs numéros de cette première partie.

 


Mélanie Ghanimé, Nicholas
Lavoie-McDonald et Lucie Trottier
.

 

En deuxième partie, cela débute sur le thème de SWAT, avec une équipe policière qui s’attaque à des criminels. Tout y passe comme décor, un immeuble miniature, des autos de polices et des figurines. C’est très rigolo. Jonathan Lord-Legault nous présente par la suite un superbe numéro sur les jeux de société. Des références à divers jeux pour nous montrer que ce ne sont pas la télé et les jeux vidéos qui influencent nos jeunes, mais les jeux de société. Le twister est comme du kamasutra pour enfant. S’ensuivent des jeux de mots fantastiques avec tous les jeux de société qu’on connaît. Sublime comme numéro. Très recherché, drôle et intelligent.

Puis, le groupe chante ensemble la chanson d’Éric Lapointe, le Screw. Ce sont des prisonniers en cellules. C’est très drôle. Philippe Lussier arrive alors, vêtu d’une boite de carton, style théâtre de marionnettes. Il anime dans la prison un petit spectacle pour dérider les prisonniers. Son petit théâtre est superbement bien monté, avec jeux de lumière, et décors. Les gags aussi sont bons, mais le public se laisse surtout impressionner par le théâtre de marionnettes.

Lucie Trottier vient ensuite nous faire son numéro, sur le déficit d’attention. Elle passe d’un sujet à l’autre, sans trop de liens entre les thèmes. C’est drôle, mais c’est éparpillé. J’imagine que cela est ainsi pour démontrer ce qu’implique le déficit d’attention. J’ai plus ou moins bien compris.

Gabriel Masson-Boucher pour sa part, joue le rôle d’un animateur chiant et imbu de lui-même. Il anime une émission de télé durant laquelle il dénigre tout ce qui n’est pas lui. Les noirs, les chinois, les homosexuels, les femmes, tout y passe et de manière assez abrasive. Les gens semblent bien aimer, pour ma part, je suis mitigée.

Kim Lévesque-Lizotte vient par la suite se défouler sur scène, avec un gros bozo le clown en plastique et un bâton de baseball. Elle colle une photo sur le clown d’une personnalité connue, puis le tabasse en l’insultant. C’est rigolo de la voir s’en prendre à Richard Martineau, Denis Levesque, Louis-José Houde et pour finir par elle-même. Un numéro très physique, mais sûrement libérateur. Un numéro fort apprécié de tous.

Alexandre Roof, la merveille de ce spectacle à mon avis, se pointe sur scène en mentionnant que celui qui devait faire ce numéro n’est pas là, car il est allé se faire brocher l’estomac. Mais ce n’est pas grave, il lui a laissé son texte et ses notes. Il dit ne pas être humoriste et il se sent un peu perdu. Son numéro est génial, un numéro digne des meilleurs humoristes sur le marché présentement. Il a le sens du punch, son texte est ingénieux. Ce jeune homme a de l’avenir en humour c’est certain. Il fut la révélation et le point culminant de cette soirée. Les gens ont raffolé de son numéro.

Le spectacle se termine avec Alex Smith qui nous parle d’impertinence. Honnêtement, je n’ai rien compris à ce numéro. C’est loufoque, sans queue ni tête. Il y a d’autres humoristes qui interviennent dans son numéro à divers moments. Il utilise même un vidéo sur l’écran géant, où on le retrouve faisant des niaiseries. C’était rigolo, mais incompréhensible.

Je me dois de souligner le travail de ces jeunes avec le décor et les accessoires. Le décor consiste en trois panneaux amovibles, soit deux murs et une porte, que les jeunes bougent, tournent, et s’y cachent même. Il y a également des panneaux qui s’ouvrent à l’occasion sur les murs. Cela est très original comme idée d’utiliser ce genre de décor. Il faut souligner aussi la mise en scène extraordinaire, compte tenu de tous les déplacements, les changements de costumes, les divers univers qui se côtoient en peu de temps et les quatorze humoristes qui participent tous ou presque à tous les sketchs, soit pour manipuler le décor ou interagir avec l’humoriste du prochain numéro. Ces petits interludes sont aussi drôles et intéressants à regarder que les numéros en solos.

 


 

 

Prochains spectacles de la tournée :

Juillet
2 – Bistro de l’Ange Cornu, L’Assomption, 21h00
15 au 19 - Studio Juste pour rire, Zoofest, 19h00

Mise en scène : Dominic Anctil
Éclairage : Claude Viens
DT et sonorisation : Yannick Tessier

 

Grand Rire
www.grandrire.com

Théâtre Imperial
www.imperialdequebec.com

École Nationale de l'humour
http://www.enh.qc.ca/

 

 

Crédit photos: Philippe Moussette

 

 

 

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