Le dimanche, 2 mars 2008


Quelque temps dans la vie de Conte
C’est lors du quarantième anniversaire des restaurants Mikes que j’ai eu la chance de rencontrer Tony Conte, comédien originaire de la ville de Québec. Ce bel Italien, qu’on voit depuis quelque temps dans les annonces de cette chaîne de restaurants, fait partie de la scène québécoise depuis plusieurs années. Ses apparitions à l’écran sont multiples et variées : Omerta, Urgences, Virginie, Fortier, 4 et ½ et bien d’autres encore. Plus récemment, on a pu l’apercevoir au grand écran dans Québec-Montréal, La rage de l’ange et Nitro.

La chaîne Mikes est actuellement en évolution. En effet, les Trattoria Di Mikes, remplaceront les restaurants que nous connaissons déjà. Il s’agit d’un concept unique, axé sur un service courtois et attentionné et qui propose des plats inspirés de la tradition italienne. À cet effet, le sympathique Tony Conte est le porte-parole publicitaire idéal !

 


Sur la photo (de gauche à droite) : le chef exécutif de la chaîne, Alain Desmeules, le responsable des opérations de Mikes,
Demetri Tsigos, le porte-parole Tony Conte et le vice-président marketing de Mikes, Yves Léveillé.
Crédit photo : Martin Martel

 

I-C.B : Est-ce que les annonces de Mikes ont été une belle expérience pour vous ?
T.C
: Oui. Ça faisait quinze ans que je n’avais pas fait de publicité. À la radio, j’en avais fait quelques-unes, mais pas à la télé ! C’est impressionnant de voir que tu peux être encore dedans après autant d’années!

 

I-C.B : En plus du cinéma, de la télévisons et de la publicité, vous avez également participé à des pièces de théâtre. Parmi toutes ces facettes du métier de comédien, laquelle avez-vous préférée ?
T.C :
Oui, en effet j’ai fait du théâtre. J’ai étudié au conservatoire d’art dramatique de Québec. J’ai aimé l’expérience, mais j’ai trouvé ça dur.

 

I-C.B : Mais vous n’avez pas choisi de participer à des pièces faciles non plus !
[Tony Conte a joué, entre autres, dans Le songe d’une nuit d’été, Vian dans la gueule ainsi que Le jeu de l’amour et du hasard]
T.C. : Je ne voulais pas jouer non plus dans des pièces faciles, comiques. Ce que j’ai moins aimé, c’est qu’au théâtre, tu ne peux pas jouer seul et que ce n’est pas tout le monde qui est prêt à jouer en groupe. Au cinéma, par exemple, lorsque la caméra est sur moi, je vais jouer, je vais être bon. Tu n’as pas à te soucier du jeu des autres. Mais au théâtre, le public est là pour se rendre compte que ça ne fait pas vrai ! Il est exigeant! Tout le monde sait c’est quoi aimer, tout le monde sait c'est quoi haïr, ce sont des affaires de la vie. Si les comédiens n'y mettent pas du cœur, le public n’embarquera pas. Avant, les troupes de théâtre étaient presque des sectes. Ils vivaient ensemble, mangeaient ensemble, jouaient ensemble ! C’est sûr que ça connectait plus ! Maintenant, c’est trop rapide.

 

I-C.B : Et au cinéma, est-ce que vous avez rencontré des acteurs avec qui vous connectiez ?
T.C :
Oui, il y a eu quelques personnes… Mais je n’ai pas eu réellement le temps. Je rentrais et je sortais rapidement sur les plateaux. Je faisais ma scène sans avoir le temps de connaître les comédiens ! Comme pour Nitro, tout s’est fait extrêmement rapidement. Maintenant, je ne l’accepte plus. Je veux prendre le temps de m’assoir, de parler avec le monde, d'échanger. C'e n’est pas évident de bien travailler avec des gens que tu ne connais pas! Et maintenant, les enfants ont à peine sept ans et leurs parents les tirent par le bras pour les emmener sur les scènes.

 

I-C.B : Est-ce que c’est ce qui vous est arrivé ?
T.C:
Non, j’ai toujours fait ça par moi-même. Mes amis ne partageaient pas ma passion, mais depuis que j’étais tout jeune, je savais que c’était ce que je ferais. Je ne le regrette pas. Dernièrement, j’ai voulu changer… mais en même temps, je m'aperçois que c'est mon destin! Je le sens et il y a plein de choses qui arrivent. Il faut apprendre à lâcher-prise…

 

Quand l’humanisme rencontre Conte…

L’année dernière, Tony Conte avait en tête un projet fabuleux : créer nouveau concept de bar, sur Saint-Laurent. Le Zoombar a vu le jour, malheureusement pour trois minimes mois, alors que la demande et le cœur y étaient pourtant. La vocation de ce bar était simple : engager les artistes dans le besoin pour leur assurer un revenu supplémentaire. De plus, les profits étaient redistribués à l’Union des Artistes, toujours dans l’optique d’aider ses membres dans les moments creux de leur carrière. Plusieurs comédiens passaient le voir, se confiaient à lui et lui demandaient un emploi. Cependant, la volonté n’est pas toujours suffisante et, faute de fonds, le Zoombar a dû fermer ses portes.

«J’ai appris à me battre, à faire des affaires, à me mouiller. Dans le monde des affaires, il faut que tu comprennes qu’un artiste est une compagnie en soi. », affirme-t-il, avant d’ajouter qu’il en est par contre ressorti grandit.

Ce projet n’a pas pour autant éteint son altruisme. En effet, en compagnie de deux de ses amis, les comédiens Patrick Baby ainsi que Martin Champly, il a participé à la distribution de la popote roulante, à Montréal. Tony Conte était déjà sensible à la problématique que vivaient les demandeurs de ce service, mais il ne se doutait pas qu’il en serait autant touché. « C’est quand tu arrives chez le monde et que tu voies ceux qui vivent isolés, seuls… Et ce n’est pas juste des personnes âgées, il y a des jeunes aussi. »

I-C.B: En tant qu’artiste, croyez-vous avoir un rôle à jouer pour palier à cette situation ?
T.C.:
Non, mais en tant qu’être humain, oui. Il faut rester ouvert, rester conscient. S’il y a quelque chose à faire, tu le fais, c’est tout !

Pour lui, la fin du monde n’est pas de l’ordre d’un big bang ou d’une quelconque catastrophe. Non, pour lui, l’humanité mourra lorsque tous les êtres humains auront oublié le sens profond des relations humaines, lorsqu’il y aura détérioration des comportements humains.

 

 

Des projets plein la tête

« La vie est généreuse, mais un moment donné, réveille-toi ! », assure Tony Conte, avant d’expliquer qu’il a refusé plusieurs projets qui lui avaient été proposés. « Je n’ai pas embarqué dans tout. C’est beaucoup d’occasions que j’ai perdues. Mais un jour, tu apprends à ne pas accepter seulement des premiers rôles de téléséries. Alors, actuellement, je n’attends plus et je me pitche partout ! »

Et avec raison, ce ne sont pas les projets qui lui manquent! En effet, il a acheté les droits d’auteur de la pièce de Marcel Dubé, Un simple soldat, pour l’adapter au grand écran. Il s’agit d’un projet long et laborieux, comme il le mentionne, mais d’un projet qui le passionne réellement.

De plus, il collabore avec Pierre-Marc Beauvin sur une télésérie qui s’intitulerait « Drôles de tueurs » et qu’on aura peut-être la chance de voir sur les ondes de TVA prochainement. Le projet a débuté alors que Tony Conte a demandé à M. Beauvin de lire le scénario de ce dernier. Il a aimé, M. Beauvin lui a fait confiance et voilà qu’ils travaillent ensemble sur le projet. L’histoire raconte la vie d’un humoriste connu qui possède une double vie. La chasse aux pédophiles risque d’être l’un des thèmes principaux abordés.

Toujours du côté des téléséries, M. Conte réfléchit depuis quelque temps à un scénario dont le lieu principal serait l’université. « Ça du potentiel, tu peux tout te permettre à cette époque-là! Nouvelle génération, futurs médecins, futurs professeurs, futurs avocats... Par exemple, une petite Japonaise qui arrive au Québec et tombe en amour ! Les vraies affaires ! Ce sont des valeurs qui sont vraies ! Et d’un autre côté, « l’univers cité » te protège. »

 

I-C.B : Est-ce que c’est une télésérie qui est déjà sur papier ?
T.C :
Non pas encore. Écrire et avoir des idées, c’est deux choses différentes !

Et, comme si le métier d'acteur n'était pas suffisant pour cet homme bourré de projets, il rêve secrètement d'un jour monter sur scène pour faire des spectacles d'humour!

 

T.C : Des fois, je me réveillais en pleine nuit pour écrire des sketchs ! Aller sur scène m’intimide, je ne sais pas comment le faire, mais la journée où j'irai, je vais avoir un fun noir ! J’ai l’impression que c’est le syndrome le l'imposteur, c'est-à-dire de celui qui passe du rôle de comédien à celui d’humoriste. Mais… un moment donné, j’irai !

D’ici là, continuons de le regarder dans les annonces de Mikes en attendant de voir son talent créatif et son dévouement se déployer dans tous ses futurs projets !

 

 

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Légende
½ ; pas du tout ; un peu ; assez ; beaucoup ; passionnément