C’est
lors du quarantième anniversaire des restaurants
Mikes que
j’ai eu la chance de rencontrer Tony Conte,
comédien originaire de la ville de Québec.
Ce bel Italien, qu’on voit depuis quelque temps
dans les annonces de cette chaîne de restaurants,
fait partie de la scène québécoise
depuis plusieurs années. Ses apparitions à
l’écran sont multiples et variées
: Omerta, Urgences, Virginie, Fortier, 4 et ½
et bien d’autres encore. Plus récemment,
on a pu l’apercevoir au grand écran dans
Québec-Montréal, La rage de l’ange
et Nitro.
La
chaîne Mikes est actuellement en évolution.
En effet, les Trattoria Di Mikes, remplaceront
les restaurants que nous connaissons déjà.
Il s’agit d’un concept unique, axé
sur un service courtois et attentionné et qui
propose des plats inspirés de la tradition italienne.
À cet effet, le sympathique Tony Conte
est le porte-parole publicitaire idéal !

Sur la photo (de gauche à
droite) : le chef exécutif de la chaîne,
Alain Desmeules, le responsable des opérations
de Mikes,
Demetri Tsigos, le porte-parole Tony Conte et le vice-président
marketing de Mikes, Yves Léveillé.
Crédit photo : Martin Martel
I-C.B
: Est-ce que les annonces de Mikes ont été
une belle expérience pour vous ?
T.C : Oui. Ça
faisait quinze ans que je n’avais pas fait de
publicité. À la radio, j’en avais
fait quelques-unes, mais pas à la télé
! C’est impressionnant de voir que tu peux être
encore dedans après autant d’années!
I-C.B
: En plus du cinéma, de la télévisons
et de la publicité, vous avez également
participé à des pièces de théâtre.
Parmi toutes ces facettes du métier de comédien,
laquelle avez-vous préférée ?
T.C : Oui, en effet j’ai fait du théâtre.
J’ai étudié au conservatoire d’art
dramatique de Québec. J’ai aimé
l’expérience, mais j’ai trouvé
ça dur.
I-C.B
: Mais vous n’avez pas choisi de participer à
des pièces faciles non plus !
[Tony Conte a joué, entre autres, dans Le
songe d’une nuit d’été, Vian
dans la gueule ainsi que Le jeu de l’amour et
du hasard]
T.C. : Je
ne voulais pas jouer non plus dans des pièces
faciles, comiques. Ce que j’ai moins aimé,
c’est qu’au théâtre, tu ne
peux pas jouer seul et que ce n’est pas tout le
monde qui est prêt à jouer en groupe. Au
cinéma, par exemple, lorsque la caméra
est sur moi, je vais jouer, je vais être bon.
Tu n’as pas à te soucier du jeu des autres.
Mais au théâtre, le public est là
pour se rendre compte que ça ne fait pas vrai
! Il est exigeant! Tout le monde sait c’est quoi
aimer, tout le monde sait c'est quoi haïr, ce sont
des affaires de la vie. Si les comédiens n'y
mettent pas du cœur, le public n’embarquera
pas. Avant, les troupes de théâtre étaient
presque des sectes. Ils vivaient ensemble, mangeaient
ensemble, jouaient ensemble ! C’est sûr
que ça connectait plus ! Maintenant, c’est
trop rapide.
I-C.B
: Et au cinéma, est-ce que vous avez rencontré
des acteurs avec qui vous connectiez ?
T.C : Oui, il
y a eu quelques personnes… Mais je n’ai
pas eu réellement le temps. Je rentrais et je
sortais rapidement sur les plateaux. Je faisais ma scène
sans avoir le temps de connaître les comédiens
! Comme pour Nitro, tout s’est fait extrêmement
rapidement. Maintenant, je ne l’accepte plus.
Je veux prendre le temps de m’assoir, de parler
avec le monde, d'échanger. C'e n’est pas
évident de bien travailler avec des gens que
tu ne connais pas! Et maintenant, les enfants ont à
peine sept ans et leurs parents les tirent par le bras
pour les emmener sur les scènes.
I-C.B
: Est-ce que c’est ce qui vous est arrivé
?
T.C: Non, j’ai
toujours fait ça par moi-même. Mes amis
ne partageaient pas ma passion, mais depuis que j’étais
tout jeune, je savais que c’était ce que
je ferais. Je ne le regrette pas. Dernièrement,
j’ai voulu changer… mais en même temps,
je m'aperçois que c'est mon destin! Je le sens
et il y a plein de choses qui arrivent. Il faut apprendre
à lâcher-prise…
Quand
l’humanisme rencontre Conte…
L’année
dernière, Tony Conte avait en tête
un projet fabuleux : créer nouveau concept de
bar, sur Saint-Laurent. Le Zoombar a vu le
jour, malheureusement pour trois minimes mois, alors
que la demande et le cœur y étaient pourtant.
La vocation de ce bar était simple : engager
les artistes dans le besoin pour leur assurer un revenu
supplémentaire. De plus, les profits étaient
redistribués à l’Union des Artistes,
toujours dans l’optique d’aider ses membres
dans les moments creux de leur carrière. Plusieurs
comédiens passaient le voir, se confiaient à
lui et lui demandaient un emploi. Cependant, la volonté
n’est pas toujours suffisante et, faute de fonds,
le Zoombar a dû fermer ses portes.
«J’ai
appris à me battre, à faire des affaires,
à me mouiller. Dans le monde des affaires, il
faut que tu comprennes qu’un artiste est une compagnie
en soi. », affirme-t-il, avant d’ajouter
qu’il en est par contre ressorti grandit.
Ce
projet n’a pas pour autant éteint son altruisme.
En effet, en compagnie de deux de ses amis, les comédiens
Patrick Baby ainsi que Martin Champly, il a participé
à la distribution de la popote roulante, à
Montréal. Tony Conte était déjà
sensible à la problématique que vivaient
les demandeurs de ce service, mais il ne se doutait
pas qu’il en serait autant touché. «
C’est quand tu arrives chez le monde et que tu
voies ceux qui vivent isolés, seuls… Et
ce n’est pas juste des personnes âgées,
il y a des jeunes aussi. »
I-C.B:
En tant qu’artiste, croyez-vous avoir un rôle
à jouer pour palier à cette situation
?
T.C.: Non, mais
en tant qu’être humain, oui. Il faut rester
ouvert, rester conscient. S’il y a quelque chose
à faire, tu le fais, c’est tout !
Pour
lui, la fin du monde n’est pas de l’ordre
d’un big bang ou d’une quelconque catastrophe.
Non, pour lui, l’humanité mourra lorsque
tous les êtres humains auront oublié le
sens profond des relations humaines, lorsqu’il
y aura détérioration des comportements
humains.
Des
projets plein la tête
«
La vie est généreuse, mais un moment donné,
réveille-toi ! », assure Tony Conte,
avant d’expliquer qu’il a refusé
plusieurs projets qui lui avaient été
proposés. « Je n’ai pas embarqué
dans tout. C’est beaucoup d’occasions que
j’ai perdues. Mais un jour, tu apprends à
ne pas accepter seulement des premiers rôles de
téléséries. Alors, actuellement,
je n’attends plus et je me pitche partout ! »
Et
avec raison, ce ne sont pas les projets qui lui manquent!
En effet, il a acheté les droits d’auteur
de la pièce de Marcel Dubé, Un
simple soldat, pour l’adapter au grand
écran. Il s’agit d’un projet long
et laborieux, comme il le mentionne, mais d’un
projet qui le passionne réellement.
De
plus, il collabore avec Pierre-Marc Beauvin
sur une télésérie qui s’intitulerait
« Drôles de tueurs » et qu’on
aura peut-être la chance de voir sur les ondes
de TVA prochainement. Le projet a débuté
alors que Tony Conte a demandé à
M. Beauvin de lire le scénario de ce dernier.
Il a aimé, M. Beauvin lui a fait confiance et
voilà qu’ils travaillent ensemble sur le
projet. L’histoire raconte la vie d’un humoriste
connu qui possède une double vie. La chasse aux
pédophiles risque d’être l’un
des thèmes principaux abordés.
Toujours
du côté des téléséries,
M. Conte réfléchit depuis quelque temps
à un scénario dont le lieu principal serait
l’université. « Ça du potentiel,
tu peux tout te permettre à cette époque-là!
Nouvelle génération, futurs médecins,
futurs professeurs, futurs avocats... Par exemple, une
petite Japonaise qui arrive au Québec et tombe
en amour ! Les vraies affaires ! Ce sont des valeurs
qui sont vraies ! Et d’un autre côté,
« l’univers cité » te protège.
»
I-C.B
: Est-ce que c’est une télésérie
qui est déjà sur papier ?
T.C : Non pas
encore. Écrire et avoir des idées, c’est
deux choses différentes !
Et,
comme si le métier d'acteur n'était pas
suffisant pour cet homme bourré de projets, il
rêve secrètement d'un jour monter sur scène
pour faire des spectacles d'humour!
T.C
: Des fois, je me réveillais en pleine
nuit pour écrire des sketchs ! Aller sur scène
m’intimide, je ne sais pas comment le faire, mais
la journée où j'irai, je vais avoir un
fun noir ! J’ai l’impression que c’est
le syndrome le l'imposteur, c'est-à-dire de celui
qui passe du rôle de comédien à
celui d’humoriste. Mais… un moment donné,
j’irai !
D’ici
là, continuons de le regarder dans les annonces
de Mikes en attendant de voir son talent créatif
et son dévouement se déployer dans tous
ses futurs projets !
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