Le lundi,31 mars 2008


André Jacques lance son troisième roman

L’écrivain André Jacques, lançait récemment La Tendresse du serpent, la troisième cuvée des aventures d’Alexandre Jobin, major à la retraite de l’armée canadienne, très peu politically correct, fumeur, collectionneur d’objets anciens, grand amateur de scotch et de jolies femmes. Un événement qui s’est déroulé au Cégep de Thetford Mines, où l’auteur a longtemps été professeur de littérature, de cinéma et d’histoire de l’art. Autant de domaines dont il se sert aujourd’hui pour bâtir ses histoires.

 

 

La littérature ça va de soi, l’art, il le met au service de son héros devenu antiquaire après son départ de l’armée et le cinéma, on le retrouve dans le pouvoir que possède André Jacques pour créer des images. Avec un souci du détail que je qualifierais de maniaque. Rien n’est laissé au hasard. Parfois, c’est peut-être même un peu trop. Or, comme s’il sentait que le lecteur risque de décrocher, tel un pêcheur à la ligne, il le ramène tout doucement à lui puis, un coup sec et le voilà à nouveau bien accrocher. Parce que oui, ce ne sont pas les rebondissements qui manquent. Ceux qui ont lu Les lions rampants ou La Commanderie savent de quoi il est capable. Le prologue à lui seul pourrait presque devenir une nouvelle. D’ailleurs André Jacques n’a-t-il pas remporté le prix Alibis 2007 pour une nouvelle policière intitulée Le Traducteur ?

 

 

Cette fois, le lecteur est amené à voyager à Shanghai, à Paris et bien sûr dans ce Montréal qu’André Jacques semble connaître par cœur. On se promène dans Chinatown, la Petite-Italie et le boulevard Saint-Laurent qui devient pour ainsi dire, à son tour, un personnage du roman. Un hymne à l’urbanité pour un homme qui, paradoxalement, vivait jusqu’à il y a peu de temps à Beaulac-Garthby.

Un frère et une sœur d’origine chinoise tente d’écouler des trésors artistiques datant des dynasties Ming et Qing. Et bien que la provenance soit douteuse, Alexandre Jobin est tenté par une « statuette de médecine » comme l’avait indiqué la jeune fille. Une pièce en ivoire d’une dizaine de centimètres représentant une femme nue allongée sur le côté. « Ça servait pour les médecins. Pour pas toucher les femmes. » Entre temps, un journaliste est assassiné puis un second est dans un coma profond et une troisième est portée disparue… Tous les trois travaillaient à une enquête sur le crime organisé.

Sans liens apparents, ces histoires en viendront à se croiser. Tout comme celle, au départ risible, de cet entrepreneur qui souhaite acheter des livres anciens reliés en rouge à la demande de sa femme qui veut refaire le décor du salon. En échange il recevra des dizaines de volumes reliés en brun. Des Pléiades : André Breton, René Char ou encore les œuvres complètes de Giono. Car l’humour est aussi présent dans le propos. Mais ne vous y trompez pas, c’est bien de polar dont il s’agit. Avec en prime, les gangs de motards, la mafia russe et les triades chinoises appelées, par les autres membres de la communauté, les Serpents, les Snakes. Un ouvrage qui fait preuve d’érudition sans prendre le lecteur pour un imbécile. Toutefois, s’il fallait reprocher quelque chose à André Jacques, je dirais que sa description des personnages masculin, hormis les principaux, est souvent, disons, « minimaliste ». Ce qui tranche nettement avec le reste. « Un homme d’une cinquantaine d’années entra en toussant. Grisonnant, maigre de taille moyenne. » et plus loin un autre « de petite taille âgé d’une quarantaine d’années s’avança. » Mais, je vous le dis, un roman policier dont on se souviendra. À déguster à petites gorgées, comme un bon scotch…

 

La Tendresse du serpent
André Jacques
Québec-Amérique
Collection « Tous continents »
504 pages
27, 95$

 

 

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