Le lundi, 3 mars 2008


ROMAN DE GARE, imprévisible d’un bout à l’autre


Dernier opus de Claude Lelouch, et son meilleur depuis un bon bout de temps, le réalisateur de la démesure délaisse ses interminables fresques historiques et ses jeux de caméra étourdissants pour raconter une histoire assez simplette, mais remplie de quiproquos et de fausses pistes spatio-temporelles qui vous tiendront en haleine jusqu’à la toute fin du film. Fanny Ardant y renoue avec les femmes fatales qu’elle interprète si bien, Audrey Dana y campe une midinette remarquable d’authenticité, et Dominique Pinon y trouve sans contredit l’un des beaux rôles de sa carrière. Bref, un film français comme on les aime, intelligent et ouvragé comme un vrai bijou.

Web: http://www.lesfilms13.com/romandegare/

 

THE BRAVE ONE, uniquement pour suivre le travail de Jodie Foster et Neil Jordan

Ce n’est pas, et de loin, le film le plus transcendant du réalisateur irlandais Neil Jordan qui nous a donné entre autres les inoubliables "The Crying Game" et "Interview with the Vampire". Ni même le meilleur rôle de Jodie Foster qui dans le personnage d’une chroniqueuse radio dont la vie bascule après une sauvage agression nous offre tout de même une performance sincère et pleine de nuances. La rachitique minceur de l’intrigue, le chapelet de crimes dont cette pauvre fille est témoin après un drame personnel qui coûte la vie à son époux battu à mort, trop de choses sapent en effet toute la crédibilité du propos qui marche sur les mêmes battures que "Eye for an Eye" avec Sally Field ou le classique "Death Wish" avec Charles Bronson. C’est arrangé avec le gars des vues comme seuls les Américains se le permettent encore, avec bien sûr la conséquence inévitable que toute le force de l’œuvre se dégonfle et sombre parfois dans le ridicule, ce qui heureusement n’enlève rien à Jodie Foster qui y investi encore une fois le meilleur d’elle-même, tout comme Neil Jordan.

Web: http://thebraveone.warnerbros.com/

PRÉSIDENT, un peu trop froid

 

Existence presque royale d’un chef d’État mégalomane en plein exercice du pouvoir, celui des magouilles et des scandales qui font saliver les journalistes et sèment leur lot de morts, le "Président" est un thriller politique qui manque de ressort et se perd dans de nombreux flous artistiques. Les images sont fort belles, la distribution qui comprend Albert Dupontel, Jérémie Rénier et Claude Rich tire son épingle du jeu avec conviction, mais la froideur et la surcharge de l’ensemble détruit tout le suspense et rend ce portrait de coulisses quasi mécanique.

Web: http://www.president-lefilm.com/

HORS DE PRIX, jolie bluette qui n’est pas dépourvue de bons moments

 

Charmante comédie mettant en scène une poule de luxe qui s’éprend malgré elle d’un serveur d’hôtel qu’elle croit milliardaire, "Hors de prix" est un écrin particulièrement bien choisi pour la pétillante Audrey Toutou qui y est belle comme le jour, et Gad Elmaleh qui à mille lieus de sa carrière d’humoriste y va d’une performance d’acteur assez touchante. La mise en situation est quelque peu éculée, les dialogues ne sont pas vraiment hilarants, mais grâce à ses vedettes, le film parvient quand même à dégager un chaud parfum de Côte d’Azur où les greluches et gigolos se démènent plus qu’on le croit sous les palmiers des luxueux cinq étoiles.

Web: http://www.tfmdistribution.com/horsdeprix/

 

SUNSHINE, bel exercice de style mais sans plus

Rarissimes sont les films de science-fiction, et encore plus rarissimes sont ceux qui ne s’appuient pas entièrement sur leurs effets spéciaux ou leurs décors futuristes. Dans la même veine que les Ridley Scott ou Stanley Kubrick dont le réalisateur anglais Danny Boyle s’est manifestement inspirés, je dirais même presque trop, "Sunshine" ne brille pas par son originalité ou la profondeur de son scénario. Mais sa facture impeccable et une certaine approche philosophique sert efficacement l’objectif central qui est de sauver notre Soleil mourrant par une mission suicidaire que des forces obscures tentent à tout prix de court-circuiter.

Web: http://www.sunshine-lefilm.com/

THE RICHES, vie de banlieue qui se démarque des autres.

 

Une attachante famille de bohèmes irlandais abandonne sa vieille roulotte malpropre et ses médiocres vols de portefeuilles pour vivre – sous une fausse identité – l’inaccessible rêve américain, celui du travail, de la grosse maison et du gazon manucuré. En même temps qu’une exploration d’un mode de vie que l’on ne prêtre qu’aux tziganes européens, "The Riches" est une critique parfois acide mais toujours divertissante sur l’abandon de ses racines et ce qu’il faut de mensonges et de malhonnêteté pour se mouler à l’apparent conservatisme de la bourgeoisie. Minnie Driver et Eddie Izzard y trouvent des rôles qui mettent en évidence toute la palette de leur talent, fort bien supporté par leurs trois enfants et autres personnages secondaires.

Web: http://www.fxnetworks.com/shows/originals/theriches/

 

 

 

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