Dernier
opus de Claude Lelouch, et son meilleur
depuis un bon bout de temps, le réalisateur de la
démesure délaisse ses interminables fresques
historiques et ses jeux de caméra étourdissants
pour raconter une histoire assez simplette, mais remplie
de quiproquos et de fausses pistes spatio-temporelles qui
vous tiendront en haleine jusqu’à la toute
fin du film. Fanny Ardant y renoue avec
les femmes fatales qu’elle interprète si bien,
Audrey Dana y campe une midinette remarquable
d’authenticité, et Dominique Pinon
y trouve sans contredit l’un des beaux rôles
de sa carrière. Bref, un film français comme
on les aime, intelligent et ouvragé comme un vrai
bijou.
THE
BRAVE ONE, uniquement pour suivre le travail de
Jodie Foster et Neil Jordan
Ce n’est
pas, et de loin, le film le plus transcendant du réalisateur
irlandais Neil Jordan qui nous a donné
entre autres les inoubliables "The Crying Game"
et "Interview with the Vampire". Ni même
le meilleur rôle de Jodie Foster
qui dans le personnage d’une chroniqueuse radio dont
la vie bascule après une sauvage agression nous offre
tout de même une performance sincère et pleine
de nuances. La rachitique minceur de l’intrigue, le
chapelet de crimes dont cette pauvre fille est témoin
après un drame personnel qui coûte la vie à
son époux battu à mort, trop de choses sapent
en effet toute la crédibilité du propos qui
marche sur les mêmes battures que "Eye for
an Eye" avec Sally Field ou le
classique "Death Wish" avec Charles
Bronson. C’est arrangé avec le gars
des vues comme seuls les Américains se le permettent
encore, avec bien sûr la conséquence inévitable
que toute le force de l’œuvre se dégonfle
et sombre parfois dans le ridicule, ce qui heureusement
n’enlève rien à Jodie Foster
qui y investi encore une fois le meilleur d’elle-même,
tout comme Neil Jordan.
Existence
presque royale d’un chef d’État mégalomane
en plein exercice du pouvoir, celui des magouilles et des
scandales qui font saliver les journalistes et sèment
leur lot de morts, le "Président"
est un thriller politique qui manque de ressort et se perd
dans de nombreux flous artistiques. Les images sont fort
belles, la distribution qui comprend Albert Dupontel,
Jérémie Rénier et Claude
Rich tire son épingle du jeu avec conviction,
mais la froideur et la surcharge de l’ensemble détruit
tout le suspense et rend ce portrait de coulisses quasi
mécanique.
HORS
DE PRIX, jolie bluette qui n’est pas dépourvue
de bons moments
Charmante
comédie mettant en scène une poule de luxe
qui s’éprend malgré elle d’un
serveur d’hôtel qu’elle croit milliardaire,
"Hors de prix" est un écrin particulièrement
bien choisi pour la pétillante Audrey Toutou
qui y est belle comme le jour, et Gad Elmaleh qui
à mille lieus de sa carrière d’humoriste
y va d’une performance d’acteur assez touchante.
La mise en situation est quelque peu éculée,
les dialogues ne sont pas vraiment hilarants, mais grâce
à ses vedettes, le film parvient quand même
à dégager un chaud parfum de Côte d’Azur
où les greluches et gigolos se démènent
plus qu’on le croit sous les palmiers des luxueux
cinq étoiles.
Rarissimes
sont les films de science-fiction, et encore plus rarissimes
sont ceux qui ne s’appuient pas entièrement
sur leurs effets spéciaux ou leurs décors
futuristes. Dans la même veine que les Ridley
Scott ou Stanley Kubrick dont
le réalisateur anglais Danny Boyle
s’est manifestement inspirés, je dirais même
presque trop, "Sunshine" ne brille pas
par son originalité ou la profondeur de son scénario.
Mais sa facture impeccable et une certaine approche philosophique
sert efficacement l’objectif central qui est de sauver
notre Soleil mourrant par une mission suicidaire que des
forces obscures tentent à tout prix de court-circuiter.
THE
RICHES, vie de banlieue qui se démarque des
autres.
Une attachante
famille de bohèmes irlandais abandonne sa vieille
roulotte malpropre et ses médiocres vols de portefeuilles
pour vivre – sous une fausse identité –
l’inaccessible rêve américain, celui
du travail, de la grosse maison et du gazon manucuré.
En même temps qu’une exploration d’un
mode de vie que l’on ne prêtre qu’aux
tziganes européens, "The Riches"
est une critique parfois acide mais toujours divertissante
sur l’abandon de ses racines et ce qu’il faut
de mensonges et de malhonnêteté pour se mouler
à l’apparent conservatisme de la bourgeoisie.
Minnie Driver et Eddie Izzard
y trouvent des rôles qui mettent en évidence
toute la palette de leur talent, fort bien supporté
par leurs trois enfants et autres personnages secondaires.