Au
retour des outardes, un roman
d’Angéla Demers-Lefebvre,
est au nombre des livres retenus par
le salon du livre 2008. Le roman de
moeurs autochtones met en scène
la vie d’un peuple amérindien
établi sur le bord de la Rivière-Rouge,
dans les Hautes-Laurentides, au début
des années 1900.

L’histoire
raconte la vie du Chef Aupaluk
et de sa femme Mimosa
à travers les habitudes du
petit peuple, qui vit alors entièrement
des fruits de la nature. Les membres
du clan se nourrissent d’agriculture,
de chasse, de pêche, de trappage,
et déjà s’approvisionnent
au village voisin en quelques denrées
essentielles pour traverser l’hiver.
Les femmes cultivent du maïs,
des patates, du topinambour et des
betteraves, et pêchent la carpe
à mains nues pendant que les
hommes partent chasser l’ours
et l’orignal, ou s’affère
à apprêter la viande
pour nourrir le clan. Les membres
de la communauté vivent dans
des wigwams, et dorment sur des enveloppes
de peaux d’animaux remplies
de paille. L’attachante femme
du chef mourra lors de la naissance
de leur première enfant, Canaléa,
dont l’histoire occupera la
plus grande partie du roman
Le
drame familial autochtone s’adresse
à un public spécifique.
Les amants de la nature et les gens
qui s’intéressent aux
us et coutumes amérindiennes
prendront plaisir à découvrir
l’ouvrage. Le roman bénéficie
de toute évidence d’une
excellente connaissance par l’auteure
du vocabulaire amérindien et
des habitudes des nouvelles-nations
québécoises. Les descriptions
exhaustives de l’attirail de
la communauté et de l’environnement
dans lequel elle évolue imagent
le récit des objets et des
habitudes propres aux peuples des
premières-nations du début
du 20e siècle.
Les
inquiétudes du Chef par rapport
à l’avancement technologique
de l’homme blanc et à
ses impacts sur le mode de vie de
son peuple reflètent très
bien la réalité des
communautés autochtones établies
dans les forêts québécoises
au début des années
1900. En compagnie du commerçant
du village auquel il s’approvisionne,
le chef Aupaluk assistera pour la
première fois au dynamitage
d’une montagne en vue d’y
faire passer l’hydroélectricité.
Il en restera troublé, et inquiet
pour la faune et la forêt qui
nourrit son peuple.
La
mort, le mariage et la naissance sont
au premier plan du roman, comme étant
les principaux drames de l’existence
de la petite communauté autochtone.
C’est sous les vols d’outardes
et de bernaches en guise de réponses
de la nature que se dérouleront
3 mariages complets et qu’auront
lieu plus de 9 décès
au sein de la communauté, en
plus de la mort de trois animaux domestiques
et d’une fausse couche. Les
innombrables naissances de bambins
occupent également une place
prédominante dans le roman.

Angela
Demers-Lefebvre est née
à Montréal en 1946.
Aînée d’une famille
de 14 enfants, l’auteure développera
très jeune un fort instinct
maternel qui semblera guider sa plume
tout au long de sa carrière.
Elle aura elle-même trois enfants,
puis deviendra grand-mère de
5 petits-enfants.
L’éloignement
des principaux thèmes du livre
par rapport à mes intérêts
personnels en a quelque peu limité
mon appréciation. Je suis toutefois
persuadé que le public cible
de l’oeuvre saura en savourer
la richesse. J’attribue donc
trois étoiles au livre d’Angela.
Premier
tome de la trilogie, Au retour
des Outardes laisse présager
le caractère social du récit
de ce petit peuple amérindien
du nord du Québec. Vous trouverez
le roman de 224 pages au prix de 22.95$
dans les principaux libraires de la
région.
Lien:
http://www.laplumedoie.com/
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