Le samedi,21 juin 2008


Au retour des Outardes

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Au retour des outardes, un roman d’Angéla Demers-Lefebvre, est au nombre des livres retenus par le salon du livre 2008. Le roman de moeurs autochtones met en scène la vie d’un peuple amérindien établi sur le bord de la Rivière-Rouge, dans les Hautes-Laurentides, au début des années 1900.

 

 

L’histoire raconte la vie du Chef Aupaluk et de sa femme Mimosa à travers les habitudes du petit peuple, qui vit alors entièrement des fruits de la nature. Les membres du clan se nourrissent d’agriculture, de chasse, de pêche, de trappage, et déjà s’approvisionnent au village voisin en quelques denrées essentielles pour traverser l’hiver. Les femmes cultivent du maïs, des patates, du topinambour et des betteraves, et pêchent la carpe à mains nues pendant que les hommes partent chasser l’ours et l’orignal, ou s’affère à apprêter la viande pour nourrir le clan. Les membres de la communauté vivent dans des wigwams, et dorment sur des enveloppes de peaux d’animaux remplies de paille. L’attachante femme du chef mourra lors de la naissance de leur première enfant, Canaléa, dont l’histoire occupera la plus grande partie du roman

Le drame familial autochtone s’adresse à un public spécifique. Les amants de la nature et les gens qui s’intéressent aux us et coutumes amérindiennes prendront plaisir à découvrir l’ouvrage. Le roman bénéficie de toute évidence d’une excellente connaissance par l’auteure du vocabulaire amérindien et des habitudes des nouvelles-nations québécoises. Les descriptions exhaustives de l’attirail de la communauté et de l’environnement dans lequel elle évolue imagent le récit des objets et des habitudes propres aux peuples des premières-nations du début du 20e siècle.

Les inquiétudes du Chef par rapport à l’avancement technologique de l’homme blanc et à ses impacts sur le mode de vie de son peuple reflètent très bien la réalité des communautés autochtones établies dans les forêts québécoises au début des années 1900. En compagnie du commerçant du village auquel il s’approvisionne, le chef Aupaluk assistera pour la première fois au dynamitage d’une montagne en vue d’y faire passer l’hydroélectricité. Il en restera troublé, et inquiet pour la faune et la forêt qui nourrit son peuple.

La mort, le mariage et la naissance sont au premier plan du roman, comme étant les principaux drames de l’existence de la petite communauté autochtone. C’est sous les vols d’outardes et de bernaches en guise de réponses de la nature que se dérouleront 3 mariages complets et qu’auront lieu plus de 9 décès au sein de la communauté, en plus de la mort de trois animaux domestiques et d’une fausse couche. Les innombrables naissances de bambins occupent également une place prédominante dans le roman.

 

Angela Demers-Lefebvre est née à Montréal en 1946. Aînée d’une famille de 14 enfants, l’auteure développera très jeune un fort instinct maternel qui semblera guider sa plume tout au long de sa carrière. Elle aura elle-même trois enfants, puis deviendra grand-mère de 5 petits-enfants.

L’éloignement des principaux thèmes du livre par rapport à mes intérêts personnels en a quelque peu limité mon appréciation. Je suis toutefois persuadé que le public cible de l’oeuvre saura en savourer la richesse. J’attribue donc trois étoiles au livre d’Angela.

Premier tome de la trilogie, Au retour des Outardes laisse présager le caractère social du récit de ce petit peuple amérindien du nord du Québec. Vous trouverez le roman de 224 pages au prix de 22.95$ dans les principaux libraires de la région.

 

Lien:
http://www.laplumedoie.com/

 

 

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