Le lundi, 14 avril 2008


Poèmes du traducteur

Le moins que l’on puisse dire c’est que Michel Garneau n’a jamais fait les choses à moitié et que ça ne semble pas qu’il changera en vieillissant. Alors qu’il traduisait Book of Longing de Leonard Cohen qui allait devenir Livre du constant désir publié à l’Hexagone en 2007, Michel Garneau s’était mis en tête qu’après chaque poème traduit, il allait écrire le sien. Ce qui nous vaut aujourd’hui ces très beaux Poèmes du traducteur. Un recueil de 215 textes.

 

 

Bien sûr on ne pourra s’empêcher de trouver des liens qui unissent les deux volumes ce qui n’a pas l’air de déranger le moins du monde le poète et dramaturge qui ne se cache nullement de l’influence qu’a eu son ami Cohen sur ses écrits. D’ailleurs une invitation est lancée à quiconque s’intéresse à ces deux personnages marquant de notre littérature à lire parallèlement les deux ouvrages.

 


Michel Garneau

Mais revenons aux Poèmes du traducteur. Il s’agit d’un livre qui se lit plus d’une fois, auquel il fait bon retourner, comme ça, en l’ouvrant au hasard. Les textes ressemblent à des tranches de vie, d’une vie bien remplie, faite de petits bonheurs et de malheurs aussi, de discussions, d’amour des femmes, de LA femme, de souvenirs, de la vieillesse qui est bien là et du bon vin, lui, toujours présent. À l’occasion on a l’impression aussi que, par certains textes, Garneau amorce le dialogue avec le poète et moine bouddhiste. Des dialogues pour le moment sans réponses, mais qui invitent à la réflexion. À lire et relire tranquillement… Simplement.

 

FEDERICO GARCÌA LORCA!
(Lorca Lives/Lorca vit)


Rimouski 1956 j’ai fermé le bar
de l’Hôtel Saint-Louis
c’est-à-dire que Ti-Gus
m’a gentiment mis dehors

-c’est moi qui ouvre demain
donne-moi une chance
caracolant doucement
je descends la rue de la Cathédrale

pour au moins être au bord de ce fleuve
si beau si grand que les gens d’ici ont l’air
d’haïr de tout leur cœur cette ville malade
lui tournant le dos

l’air frais me fait sentir mon ivresse
la ville me dit bien combien
je suis absurde & sans bon sens
la nuit me dit ma solitude

alors je crie
-Federico Garcìa Lorca
qu’est-ce que je fais ici?
plusieurs fois

& curieusement
ça me calme
un peu
pour cette nuit

 

 

Poèmes du traducteur
Michel Garneau
L’Hexagone
346 pages 29,95$

 

 

 

 

Accueil

Résolution : 1024 X 768 et Internet Explorer et Firefox
© 2006/2008 - Info-Culture.biz. Tous droits réservés. Il est interdit d’utiliser tout texte de ce Média Internet Culturel, par quelque moyen que ce soit, sans en demander
l’autorisation à Info-Culture.biz et à son auteur.

 

Légende
½ ; pas du tout ; un peu ; assez ; beaucoup ; passionnément