Le moins
que l’on puisse dire c’est que
Michel Garneau n’a
jamais fait les choses à moitié
et que ça ne semble pas qu’il
changera en vieillissant. Alors qu’il
traduisait Book of Longing de Leonard
Cohen qui allait devenir Livre
du constant désir publié
à l’Hexagone en 2007, Michel
Garneau s’était mis
en tête qu’après chaque
poème traduit, il allait écrire
le sien. Ce qui nous vaut aujourd’hui
ces très beaux Poèmes du
traducteur. Un recueil de 215 textes.

Bien sûr
on ne pourra s’empêcher de trouver
des liens qui unissent les deux volumes ce
qui n’a pas l’air de déranger
le moins du monde le poète et dramaturge
qui ne se cache nullement de l’influence
qu’a eu son ami Cohen sur ses
écrits. D’ailleurs une invitation
est lancée à quiconque s’intéresse
à ces deux personnages marquant de
notre littérature à lire parallèlement
les deux ouvrages.

Michel Garneau
Mais revenons
aux Poèmes du traducteur.
Il s’agit d’un livre qui se lit
plus d’une fois, auquel il fait bon
retourner, comme ça, en l’ouvrant
au hasard. Les textes ressemblent à
des tranches de vie, d’une vie bien
remplie, faite de petits bonheurs et de malheurs
aussi, de discussions, d’amour des femmes,
de LA femme, de souvenirs, de la vieillesse
qui est bien là et du bon vin, lui,
toujours présent. À l’occasion
on a l’impression aussi que, par certains
textes, Garneau amorce le
dialogue avec le poète et moine bouddhiste.
Des dialogues pour le moment sans réponses,
mais qui invitent à la réflexion.
À lire et relire tranquillement…
Simplement.
FEDERICO
GARCÌA LORCA!
(Lorca Lives/Lorca vit)
Rimouski 1956 j’ai fermé le bar
de l’Hôtel Saint-Louis
c’est-à-dire que Ti-Gus
m’a gentiment mis dehors
-c’est
moi qui ouvre demain
donne-moi une chance
caracolant doucement
je descends la rue de la Cathédrale
pour
au moins être au bord de ce fleuve
si beau si grand que les gens d’ici
ont l’air
d’haïr de tout leur cœur cette
ville malade
lui tournant le dos
l’air
frais me fait sentir mon ivresse
la ville me dit bien combien
je suis absurde & sans bon sens
la nuit me dit ma solitude
alors
je crie
-Federico Garcìa Lorca
qu’est-ce que je fais ici?
plusieurs fois
&
curieusement
ça me calme
un peu
pour cette nuit
Poèmes
du traducteur
Michel Garneau
L’Hexagone
346 pages 29,95$