C'est dans le
bon petit restaurant "Maman Fournier",
bien aimé des trifluviens que j'avais rendez-vous
avec Nathalie Simard. j'étais
à peine installée à une table que
j'aperçois déjà sa crinière
blonde à quelques mètres de moi. Je me présente
à elle et nous prenons tout le temps nécessaire
pour bien faire connaissance. Très vite un lien
de confiance s'établit et l'entrevue débute
sous le signe de la bonne humeur.

I-C.B.: Nathalie,
dites-moi quelles ont été les premières
émotions que vous avez ressenties lorsque vous
avez remis les pieds dans un studio d'enregistrement,
après 10 ans d'absence sur disque ?
N.S. : C'était
pas la première fois, j'avais fait la chanson avec
Claude Dubois, La vie me tue et c'était dans sa
maison à lui. Donc c'est sûr que c'était
pas comme une ambiance de studio conventionnelle comme
celle que je connais. Il a un très beau studio,
Claude. C'était différent, on enregistre
dans son salon en haut, donc c'est pas le même contexte.
J'ai toujours été très à l'aise
dans un studio d'enregistrement. j'ai toujours aimé
le travail en studio, parce que je trouve que c'est là
où l'on peaufine son art. Je trouve que c'est là
où l'on s'améliore, où l'on travaille
avec de l'équipement de haut de gamme, alors y'a
plein de trucs... Moi, quand je suis en studio d'enregistrement,
j'en profite à cent pour cent. Je veux dire que
je me paie la traite, on enlève tout. J'aime pas
avoir des effets sur ma voix, j'aime chanter comme la
voix sort pis à la travailler comme ça,
naturellement. Donc pour moi, le studio c'est toujours
un bonheur et c'est sûr que là, au studio
de Toby Gendron, le producteur de l'album, tout était
différent.
I-C.B.: Donc
l'ambiance de travail est vraiment différente d'il
y a dix ans ?
N.S. : L'approche est différente,
le fait que j'ai de l'expérience aussi fait que
c'est différent. Il n'y a plus de stress en studio.
Là, je ressens davantage le stress dans les tournées
de promotion, mais maintenant je suis libre de dire ce
que j'ai envie de dire et personne ne me dit quoi faire.
I-C.B.: Vous
êtes-vous totalement impliquée dans chacune
des étapes de la production de votre album ?
N.S. : Oui oui ! Y'a juste le côté
des photos où j'ai approuvé simplement,
j'ai fait le choix de tout de A à Z, j'ai mis mon
nez là-dedans.
I-C.B.: Est-ce
vous qui avez choisi chacune des photos de votre album
?
N.S. :
Ève (sa fille) a choisi avec moi, on a
choisi ensemble. Le photographe fait une présélection,
après ça moi j'en fais une et dans ce qui
reste on fait le choix final. La photo de la couverture,
c'est Ève qui l'a choisie. Elle a dit "On
sent que t'es libérée, maman, sur cette
photo-là".
I-C.B.: Qu'est-ce
qui a été le plus ardu pour vous, durant
ces étapes ?
N.S. : Toute la préparation
du lancement, bien plus que faire l'album comme tel. Ça
a été plus difficile car il y a souvent
eu des modifications dans l'horaire. La date de lancement
a bougé souvent. On en avait fixé une et
là, la haute direction a décidé de
changer de date après qu'elle ait été
annoncée, donc ça été un peu
raboteux. Mais en bout de ligne, ça a bien été.

I-C.B.:
Quels sont les souvenirs que vous gardez de la Grèce,
de la France et des rencontres que vous avez faites avec
les auteurs des chansons que vous interprétez sur
votre album ?
N.S. : D'abord en Grèce, c'est la première
fois que j'y allais. Ça fait longtemps que j'entendais
parler du fameux "bleu et blanc" !
Donc oui, j'étais très contente d'aller
là. J'étais super contente que Jacques
Michel ait pris ses vacances là, surtout parce
qu'il fallait que j'aille le voir là-bas. Alors
c'est lui, c'est de sa faute si je me suis rendue là-bas
! C'est un beau pays, c'est extraordinairement beau !
L'accueil des grecs est très bien aussi, vraiment.
Et avec Jacques, ça aussi été de
découvrir son voilier. Il a un magnifique voilier
et on est partis en haute mer cette journée là.
D'autant plus que ça faisait quelques jours qu'il
était amerri à Katakolo, une petite
île en Grèce. Il ne pouvait pas sortir depuis
quelques jours, parce que la température ne le
permettait pas et la journée où l'équipe
de tournage et moi sommes arrivés, c'est là
qu'on a pu partir et ça a été une
journée vraiment magnifique. Donc ça a été
un quarante-huit heures intense et on a été
bien chanceux car on a eu du beau temps. Après
ça, on est partis de la Grèce et on est
allés à Paris pour faire la rencontre de
Georges Moustaki et de Michel Fugain.
Ça a été de très belles rencontres,
très enrichissantes. Surtout avec Georges Moustaki
qui m'a vraiment frappée dans le sens que ça
a été une rencontre très positive
et très enrichissante.
I-C.B.:
Laquelle de ces rencontres vous a le plus touchée?
N.S. : Bien, Michel Fugain à
cause de la perte de sa fille qui est décédée,
il y a quelques années. C'est la beauté
de voir qu'il se relève et qu'il continue quand-même,
malgré cette perte là. Je trouve que c'est
une leçon de vie en quelque part. Et pour Georges
Moustaki, bien c'est sûre que l'homme en soi
m'a beaucoup impressionnée et ça été
un cadeau de vie de le rencontrer. Ce que j'ai été
très surprise de constater, c'est le fait qu'il
soit dans une forme tellement incroyable. Il déambule
dans les rues de Paris comme un petit garçon !
Il ne marche pas, il court ! Tellement, qu'à un
moment donné, les gens du tournage m'ont dit :
"Nathalie peux-tu marcher moins vite parce que le
cameraman a de la misère à te suivre !"
Pis j'ai dit "Ben, c'est parce que... c'est pas moi
qui, c'est monsieur Moustaki qui va trop vite !".
Personne en revenait, car il a 70 ans passés et
il conduit encore sa grosse moto ! Tout ça pour
dire que y'a pas d'âge pour être en forme
! C'est pas parce qu'on est vieux qu'on est moins en forme,
c'est pas vrai ça ! Et il disait (Nathalie
prend une voix grave comme pour imiter monsieur Moustaki
en le citant) : "Tout mon entourage me dit
de faire attention ! Ils ont peur pour moi. On dirait
qu'ils ont oublié que j'ai fait ça toute
ma vie, de la moto !". (rire) Elle conclut
cette anecdote en disant "C'est un sage".
I-C.B.: Pour
en revenir à votre album, avez-vous des projets
de vidéoclips?
N.S. : Je
sais pas, peut-être oui ! Il y a deux projets de
vidéoclips jusqu'à ce jour, mais ils ne
sont pas encore faits, ils ne sont pas encore tournés
et on ne sait pas si on va les faire non plus. Parce que
moi, je suis pas une adepte des vidéoclips. Mais
je sais que c'est important quand on sort un album. Sûrement
qu'il va y en avoir un pour cet album-là.
I-C.B.: Y a-t-il
un choix de chansons de fait dans ce but?
N.S. :
Pas encore... (hésitation)... Bien, peut-être
une, mais j'ose pas trop m'avancer à ce sujet là,
parce qu'on a commencé à en parler seulement
la semaine passée avec l'équipe. Il y a
des beaux projets, sauf que, moi je suis moins "vidéoclip".
Je suis plus "tournée", "la
scène", je trouve que c'est davantage
là que ça se passe. C'est vrai que c'est
un bon outil de promotion, mais ça ne peut pas
tourner partout. À l'exception de deux postes et
c'est pas tout l'monde qui a le câble.
I-C.B.: Au niveau
des ventes, savez-vous à combien vous êtes
rendus pour l'album?
N.S. : On ne peut pas donner de chiffre encore
! (rire) Je peux dire que les nouvelles sont
très bonnes, je suis choyée !
I-C.B.: Aviez-vous
des attentes au niveau du nombre d’albums vendus
?
N.S. : J’avais pas d’attente en soie.
Je ne suis pas comme ça. Moi, je fais des projets
parce que ça me tente, parce que ça m’anime,
parce que ça me passionne ! L’argent, c’est
après, ça. Un projet, il faut que ça
commence d’abord dans le coeur ! Après ça,
si ça reste solide dans le coeur, bien là
on peut le faire et le concrétiser. Celui-là
est concrétisé et je suis bien contente.
On va vous arriver avec des chiffres dans très
peu de temps.
I-C.B.: Avez-vous
d’autres projets télé, comme une autre
participation dans une nouvelle série de “Laura
Cadieux” ou autre ?
N.S. : Pour l’instant, non. Il y a des
pourparlers pour un projet, mais c’est juste lancé
en l’air comme ça. Il n’y a pas de
projet signé sur la table actuellement. Et là
en ce moment, je suis pas mal occupée ! (rire)
Une tournée, c’est quelque chose ! Préparer
un gros spectacle où on va être quand-même
neuf personnes sur scène ! Cinq musiciens, des
danseurs plus moi !
I-C.B.: Oh !
il va y avoir des danseurs avec vous !? C’est l’fun
!
N.S. : Bien, c’est l’fun certain
! J’aime ça danser, donc pourquoi pas utiliser
cet aspect là ? Pis je me dis que c’est l’fun
visuellement. La scène, c’est ça hein
? Faut meubler cette grande scène là et
j’aime ça quand ça bouge. Moi un show
où il ne se passe rien.... il faut que visuellement
ce soit intéressant, les éclairages et tout
!
I-C.B.: Parlant
de danse, comment aimez-vous votre expérience au
Match des Étoiles ?
N.S. : Ah ! J’ai adoré ça
! Je recommence là ! Demain tout l’après-midi
je suis en répétition, mercredi, jeudi,
vendredi et la semaine prochaine, c’est l’enregistrement
pour la demi-finale.

I-C.B.:
La barre commence à être haute là,
hein ?
N.S. : (rire) Oui, mais vous savez,
je le fais pas dans le but de gagner, vraiment pas. Parce
que depuis le début que j’ai commencé
à faire le Match des Étoiles, c’est
les gens qui me rappellent que c’est une compétition,
parce que moi j’y pense pas ! Je m’amuse (elle
répète avec insistance) je m'amuse
! Bien oui, dans la vie là, si on ne fait pas les
choses par plaisir, ça sert à quoi ? Y’a
assez de malheurs, y’a assez de peines etc... Moi
je veux m’amuser. Je suis comme une enfant de trois
ans qui vient de découvrir qu’elle a un paquet
de jouets devant elle et qui veut s’amuser. C’est
moi ça !
I-C.B.:
Et votre expérience radio à M105, vous aimez
ça ?
N.S. : Oui, beaucoup ! C’est bien, parce
que c’est tellement une belle équipe à
M105 ! Vous savez qu’à M105, il y a des grands
de la radio qui sont rendus là. Il y a des piliers
radiophoniques qui ont travaillé à Montréal
et qui ont pris la décision un jour de penser à
eux et c’est la seule radio indépendante
aussi, M105 ! Donc elle se différencie et se démarque
bien des autres et ce qui me plaît, est que c’est
dans ma région aussi. En plus, je prends des cours
à travers ça ! C’est que j’apprends
! Le directeur de la station, monsieur Stéphane
Roy a une école depuis plusieurs années
et il a enseigné à de grands animateurs
qu’on peut entendre un peu partout dans la province.
Alors Stéphane est un bon ami à moi et à
chaque vendredi, je m’assoie dans son bureau, une
heure de temps et il me donne des trucs et des petits
filons. Mais je ne suis pas seule pour animer cette émission
là. - “Sur la Ligne”, section
“C’est vendredi avec Nathalie”
- Il y a habituellement Gilles Dion, mais en ce moment,
il est en congé de maladie. Il a un problème
avec son nerf sciatique, donc il est au repos actuellement.
Alors, je travaille avec Jean Moreau qui est très
très bon aussi
I-C.B.:
Est-ce que ça vous donne envie d'avoir un jour
votre propre "talk-show" ?
N.S. : Bien, on verra ! J'ai eu des offres pour
des petits clin-d'oeil à la radio en ce moment,
mais oui éventuellement un jour, avoir ma propre
émission, j'aimerais ça ! J'aime cet aspect-là.
M105 me permet de voir si vraiment j'aime faire ça
et peut-être qu'un jour, oui. Quand je vais avoir
plus de temps. On trouve toujours du temps pour tout,
mais c'est que j'ai pas envie de faire un paquet de projets
en même temps pis de les faire juste à peu
près. Parce que moi, quand je travaille, j'me donne
à cent pour cent. C'est important pour moi et il
faut bien livrer ce qu'on a à livrer, c'est important.
Quand je vais être prête mais je veux prendre
le temps. Et faire de la radio, c'est un aspect ou une
sphère du milieu qui apporte justement une certaine
stabilité dans la vie et c'est ça que je
recherche beaucoup aussi. Faire de la radio à des
heures stables, je trouve ça l'fun.

I-C.B.:
Juste par curiosité, avez-vous un scoop pour nous?
N.S. : (rire)
Ah ! pour l'instant, on ne peut rien dire. Les scoops
pour l'instant, ce serait dire des choses sur la tournée
et là, en ce moment on est pas en mesure de dire
quoi que ce soit.
I-C.B.:
Les dates déjà connues des spectacles sont
bien :
Granby, le 29 février, au Palace de Granby Sherbrooke,
le 21 mars, au Granada Trois-Rivières, le 27 mars,
à la J.Antonio-Thompson Laval, le 8 avril, à
la salle André-Matthieu ?
N.S. : Exact
! Mon doux, vous êtes bonne ! Vous avez fait vos
devoirs !! (rire)
I-C.B.:
Pouvez-vous nous confirmer d'autres dates ?
N.S. : Oui, y'a d'autres dates à venir,
mais on ne peut rien confirmer pour le moment. On les
donne au compte-gouttes, les dates. Par contre, je peux
dire qu'il y a déjà des billets qui sont
en vente à partir de cette semaine.
I-C.B.:
En terminant, vous qui ne vous permettiez pas de rêver
auparavant, avez-vous maintenant un rêve à
réaliser à court ou à long terme
?
N.S. : (Elle réfléchit quelques
secondes...) Ah ! C'est sûr qu'il y a plein
de rêves ! Mais ce qui me vient comme ça,
c'est de continuer à être heureuse... (elle
réfléchit encore)... Ouais... c'est
ça !
I-C.B.: Eh bien,
on vous le souhaite de tout coeur, chère Nathalie.
Très sincèrement !
N.S. : Merci !! vous êtes fine ! Merci
beaucoup !
C'est sur cette note de rêverie que
s'est terminé cette magnifique rencontre qui dura
une heure entière. Une heure de pur bonheur, que
je ne suis pas prête d'oublier de sitôt !
Bien que Nathalie Simard ait été brimée
à tous les niveaux dans sa vie, sa générosité
n'en est que plus grande malgré tout et nous désarme
totalement. Après tout ce qu'elle a traversé,
la voir aussi sereine, déterminée, épanouie
et heureuse, fait d'elle une source d'inspiration indéniable
qu'il fait bon côtoyer.
MERCI
NATHALIE SIMARD !
Restaurant Maman
Fournier
3125, boul. des Récollets
Trois-Rivières
(Québec) G9A 6M1
Canada
Téléphone : 819 693-7678
Crédit
photos : M. Dubois & Élyse Foley
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