Le dimanche, 15 mars 2009


Napoleon
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Depuis la fin de 2008, le Musée des beaux-arts de Montréal accueille de nouvelles salles permanentes consacrées à Napoléon. Le tout, grâce à un don majeur de la collection d’œuvres appartenant à monsieur Ben Weider (qui est malheureusement mort juste avant l'ouverture des nouvelles salles d'exposition).

Ce don n'est par contre pas seulement relié à Napoléon. On retrouve aussi des arts du Premier Empire (1804-1814), cette période faste au niveau artistique, que ce soit au niveau de la peinture, de l'horlogerie, du mobilier, de l'orfèvrerie ou de la porcelaine. Le musée a donc aujourd'hui le privilège de non seulement accueillir des objets qui ont appartenu à Napoléon Bonaparte lui-même, mais aussi une centaine d’œuvres et d’objets liés aux arts sous le Premier Empire.

 


Titre: Chapeau de la campagne de Russie de Napoléon Ier.
Source: mbam.qc.ca

 

En février 2009, le Musée des beaux-arts présentait un après-midi d'étude pendant lequel des spécialistes réputés ont discuté de divers aspects liés à Napoléon, son époque et son empire.

 

Napoléon et le Canada français
par l'honorable sénateur Serge Joyal

À première impression, on peut se demander quel est le lien entre le Canada français et Napoléon, lui qui n'a jamais mis les pieds dans cette terre d'Amérique. Or, après l'exposition de monsieur Royal, on comprend beaucoup plus les liens qu'on pouvait retrouver.

Au début du XIXe siècle, Napoléon devient de plus en plus populaire, et son nom aussi le devient. Or, on trouve de plus en plus de parents qui donnent à leurs enfants « Napoléon » comme deuxième prénom. Pour les femmes, ce sera Joséphine, le nom de la première femme de l'empereur. Et « Napoléon » est utilisé à beaucoup d'autres fins: noms de restaurants ou cafés, noms d'équipes sportives, noms de rues, etc.

 

Outre les appellations, le personnage influençait aussi la politique. Au Canada, l'ex premier ministre Pierre-Elliot Trudeau disait, quand ça allait mal: « Qu'est-ce que Napoléon aurait fait ? »

Enfin, vous avez déjà vu la pose « napoléenne » avec sa main dans la veste et posée sur le coeur ? Quel étonnement de revoir la même pose imitée par des Québécois comme Louis-Hippolyte Lafontaine !

 


Photo: Lafontaine. Titre: Louis-Hippolyte Lafontaine, posant tel Napoléon

 

L'ameublement de la maison sous l'empire
par Bernard Chevallier, conservateur général honoraire du patrimoine

À son arrivée au pouvoir, Napoléon voulait que la France redevienne la vitrine du luxe. Et l'argent n'était pas un problème pour lui. Par exemple, l'empereur se commanda un jour 80 km de toile en soie (sur 54 cm de hauteur), ce qui prit trois ans à produire ! Quant aux accessoires personnels, la sculpture était très importante. En passant des chaises et bureaux jusqu'aux simples salières et poivrières, les travaux de sculpture étaient toujours minitueusement faits. En observant attentivement les pièces d'art, on notera une influence romaine, grecque et égyptienne.

 

 

« Becoming empire »
par Todd Porterfield, professeur titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire de l'art du XIXe siècle à l'Université de Montréal.

Monsieur Potterfield s'inspire de son dernier ouvrage intitulé « Staging Empire: Napoleon, Ingres and David » pour analyser le plus important tableau de Jacques Louis David intitulé Le Sacre de Napoléon 1er.

 


Titre: Le Sacre de Napoléon 1er


Une toile qui ne paraît pas si complexe au premier coup d'oeil finit par l'être plus qu'on peut se l'imaginer. Un des points notables est le changement que Napoléon apportera à la toile. À plusieurs reprises, il demande à David de modifier la toile pour contrôler le message. À titre d'exemple, le pape qui se trouve dans le portrait est peinturé initialement en ne faisant « rien ». Il est tout simplement assis. L'empereur demande alors à David de modifier l'image du pape pour qu'on le voie en train de faire une action. « Je n'ai pas amené le pape ici pour qu'il s'assoie ! »

Monsieur Potterfield analyse dans son ouvrage plusieurs autres aspects, comme entre autres l'importance de Joséphine dans la toile et les manipulations de certaines parties de celle-ci.

 

 

« The new Alexander: Napoleon in Egypt and the Holy land »
par J. David Markham, président de la Société napoléonienne internationale

Napoléon Bonaparte est un empereur, mais aussi un conquérant. Et un conquérant qui vise haut. Pour mieux régner, contrôler et étendre son territoire, il utilise de mêmes façons de penser que d'autres qui lui ont précédé. Comme Jules César par exemple, il sait que c'est mieux pour lieu d'être à l'étranger que chez lui-même, en France. Et comme Alexandre le Grand, il sait qu'il doit apprendre à étudier les autres.

 


De gauche à droite: Todd Porterfield, Serge Joyal, Nathalie Bondil, directrice du Musée, J. David Markham et Bernard Chevallier

 

L'exposition se déroule au Musée des beaux-arts de Montréal.


Entrée libre.
www.mbam.qc.ca/fr/expositions/

 

 

Crédit photos: Youssef Shoufan

 

 

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