Ce don n'est par
contre pas seulement relié à Napoléon.
On retrouve aussi des arts du Premier Empire
(1804-1814), cette période faste au niveau artistique,
que ce soit au niveau de la peinture, de l'horlogerie,
du mobilier, de l'orfèvrerie ou de la porcelaine.
Le musée a donc aujourd'hui le privilège
de non seulement accueillir des objets qui ont appartenu
à Napoléon Bonaparte lui-même,
mais aussi une centaine d’œuvres et d’objets
liés aux arts sous le Premier Empire.

Titre: Chapeau
de la campagne de Russie de Napoléon Ier.
Source: mbam.qc.ca
En
février 2009, le Musée des beaux-arts
présentait un après-midi d'étude
pendant lequel des spécialistes réputés
ont discuté de divers aspects liés à
Napoléon, son époque et
son empire.
Napoléon
et le Canada français
par
l'honorable sénateur Serge Joyal
À
première impression, on peut se demander quel est
le lien entre le Canada français et Napoléon,
lui qui n'a jamais mis les pieds dans cette terre d'Amérique.
Or, après l'exposition de monsieur Royal, on comprend
beaucoup plus les liens qu'on pouvait retrouver.
Au
début du XIXe siècle, Napoléon
devient de plus en plus populaire, et son nom aussi le
devient. Or, on trouve de plus en plus de parents qui
donnent à leurs enfants « Napoléon
» comme deuxième prénom. Pour
les femmes, ce sera Joséphine, le nom
de la première femme de l'empereur. Et «
Napoléon » est utilisé à
beaucoup d'autres fins: noms de restaurants ou cafés,
noms d'équipes sportives, noms de rues, etc.
Outre
les appellations, le personnage influençait aussi
la politique. Au Canada, l'ex premier ministre Pierre-Elliot
Trudeau disait, quand ça allait mal: « Qu'est-ce
que Napoléon aurait fait ? »
Enfin,
vous avez déjà vu la pose « napoléenne
» avec sa main dans la veste et posée
sur le coeur ? Quel étonnement de revoir la même
pose imitée par des Québécois comme
Louis-Hippolyte Lafontaine !

Photo:
Lafontaine. Titre: Louis-Hippolyte Lafontaine,
posant tel Napoléon
L'ameublement
de la maison sous l'empire
par Bernard Chevallier, conservateur général
honoraire du patrimoine
À
son arrivée au pouvoir, Napoléon
voulait que la France redevienne la vitrine du
luxe. Et l'argent n'était pas un problème
pour lui. Par exemple, l'empereur se commanda un jour
80 km de toile en soie (sur 54 cm de hauteur),
ce qui prit trois ans à produire ! Quant aux accessoires
personnels, la sculpture était très importante.
En passant des chaises et bureaux jusqu'aux simples salières
et poivrières, les travaux de sculpture étaient
toujours minitueusement faits. En observant attentivement
les pièces d'art, on notera une influence romaine,
grecque et égyptienne.
«
Becoming empire »
par Todd Porterfield, professeur titulaire de la Chaire
de recherche du Canada en histoire de l'art du XIXe siècle
à l'Université de Montréal.
Monsieur
Potterfield s'inspire de son dernier ouvrage intitulé
« Staging Empire: Napoleon, Ingres and David
» pour analyser le plus important tableau de
Jacques Louis David intitulé Le Sacre de Napoléon
1er.

Titre:
Le Sacre de Napoléon 1er
Une toile qui ne paraît pas si complexe au premier
coup d'oeil finit par l'être plus qu'on peut se
l'imaginer. Un des points notables est le changement que
Napoléon apportera à la
toile. À plusieurs reprises, il demande à
David de modifier la toile pour contrôler
le message. À titre d'exemple, le pape qui se trouve
dans le portrait est peinturé initialement en ne
faisant « rien ». Il est tout simplement
assis. L'empereur demande alors à David
de modifier l'image du pape pour qu'on le voie en train
de faire une action. « Je n'ai pas amené
le pape ici pour qu'il s'assoie ! »
Monsieur
Potterfield analyse dans son ouvrage plusieurs autres
aspects, comme entre autres l'importance de Joséphine
dans la toile et les manipulations de certaines parties
de celle-ci.
«
The new Alexander: Napoleon in Egypt and the Holy land
»
par J. David Markham, président de la Société
napoléonienne internationale
Napoléon
Bonaparte est un empereur, mais aussi un conquérant.
Et un conquérant qui vise haut. Pour mieux régner,
contrôler et étendre son territoire, il utilise
de mêmes façons de penser que d'autres qui
lui ont précédé. Comme Jules
César par exemple, il sait que c'est mieux
pour lieu d'être à l'étranger que
chez lui-même, en France. Et comme Alexandre
le Grand, il sait qu'il doit apprendre à étudier
les autres.


De gauche à
droite: Todd Porterfield, Serge Joyal, Nathalie
Bondil, directrice du Musée, J. David Markham et
Bernard Chevallier
L'exposition
se déroule au Musée des beaux-arts de Montréal.
Entrée libre.
www.mbam.qc.ca/fr/expositions/