Le mardi, 23 juin 2009

 

Kanah D'ha
Entrevues avec les artisans / Appréciation du film

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Dans le cadre du Grand Rire de Québec, pour son volet cinéma, le public était convié, le 22 juin dernier, à la présentation du téléfilm Kanah D’ha, en avant-première à Québec. Cette présentation gratuite à l’Impérial de Québec, avait lieu à 20h30 en compagnie du réalisateur M. Pierre Paquin, qui a d’abord présenté le film et un bref historique de sa genèse et de Réal Béland qui a accordé une entrevue à Mario Grenier et répondu aux questions du public avec Pierre Paquin après le visionnement du film.


Dès 18h00, il y avait des gens qui attendaient devant l’Impérial, l’ouverture des portes pour rencontrer Réal et voir ce film qui ne sera pas présenté en salle de cinéma, mais bien en grande primeur (et en haute définition) le 1er juillet sur les ondes de Super Écran.  Et c’est avec une salle presque pleine (au parterre seulement) que Réal Béland est arrivé vers 20h00, avec sa petite famille et qu’il a rencontré très gentiment les gens pour des autographes et photos.

 


Réal Béland Alias Kanah D'ha

 

À 20h30, le président du Grand Rire Sylvain Parent-Bédard a fait venir sur scène Pierre Paquin pour nous faire un petit historique de la naissance de ce film. Cette aventure a débuté à New Delhi en Inde, où avec le peu de budget qu’ils avaient pour faire le film, ils se devaient de trouver rapidement une famille indienne pour incarner la famille de Réal. Par pur hasard, Pierre, Daniel Michaud co-scénariste et Nathalie Larose de la production du film étaient assis à l’hôtel entrain de discuter de la distribution à trouver. Lorsque tout à coup une famille de saltimbanques qui jouent de la musique pour gagner leur vie est arrivée et ils ont été immédiatement conquis. Malgré les difficultés de communication, puisque personne ne parlait la même langue, cette famille s’est rapidement adaptée au tournage et ils ont été magnifiques à diriger.

 


Sylvain Parent-Bédard et Pierre Paquin

 

Puis, la présentation du film a débuté et la réaction du public a été immédiate. Des rires à profusion, des réactions positives aux amusantes chansons, mais surtout, une performance de Réal Béland qui s’est surpassé pour nous rendre un crédible Canadien français dans le corps d’un Indien. Car l’histoire se résume à ceci :


La barbe drue et le visage bruni par l’accablant soleil de l’Inde, Réal Béland incarne dans Kanah D’ha le rôle d’un Canadien né dans un corps d’hindou. Inexplicablement «connecté » sur le Québec et ses vedettes, ce dernier se met à écrire et à interpréter sans trop savoir pourquoi des classiques d’ici tels que Embarque ma belle de Kaïn et Donne-moi ma chance des B.B., Ya du monde de Dany Bédard. Acclamé par le peuple et la critique, le baptisé Kanah D’ha devient vite une méga star au royaume des éléphants, des vaches sacrées et des palais de maharadjahs… Ce qui ne l’empêchera toutefois pas d’immigrer au Québec, où un terrible choc l’attend de l’autre côté de la frontière.

 


 

Ce film, tout comme Nos voisins Danthsu et Live in Pologne est créé avec beaucoup d’imagination, d’idées novatrices et d’absurdité à la Réal Béland. Produit par Denis Savard,  ce film est drôle, sympathique et rassembleur, tous des qualités des films de Réal. L’histoire débute par une conférence de presse où Kanah D’ha est enfin reçu comme citoyen canadien. Sont présents, toutes les stations de télé telles que LCM, RDN, TVQ et Canal WOX. On lui demande ses commentaires et il répond avec son accent indien « Je voudrais bien vous réciter un poème en alexandrins, mais je ne suis pas capable de mettre un pied devant l’autre, je vais plutôt vous raconter mon histoire ». Le ton est donné et on embarque alors dans son aventure. Pour les besoins de la cause, les gens de l’Inde parlent dans leur langue et nous avons droit à des sous-titres, ou des traductions en simultanée. C’est bien rigolo d’entendre Réal marmonner ses paroles en langue hindoue (totalement inventé pour sa part). En plus d’interpréter plusieurs chansons d’artistes connus, à la sauce indienne, Kanah D’ha produit plusieurs films ou séries tournés façon Bollywood, par exemple Les figues de khaleb et Les belles histoires.. interprété par un Pierre Lebeau indien, hilarant.

Plusieurs artistes québécois participent à ce tournage qui est une fiction, mais que l’on a filmé à la manière d’un documentaire. On a donc droit à des reportages télés et entrevues avec les artistes comme Dany Bédard, Patrick Bourgeois (B.B.), Steve Veilleux (Kaïn), Normand Lamour, et même un psychologue qui tente d’expliquer comment cela arrive qu’un indien invente les mêmes chansons qu’un québécois en même temps qu’eux.

 


Réal Béland et Pierre Paquin et son équipe, avec Mario Grenier.

 

 

Après la représentation, Réal Béland et Pierre Paquin sont venus rejoindre Mario Grenier sur scène pour une entrevue et répondre aux questions du public. À la question de Mario qui demande comment c’est passé le tournage avec Réal et les Indiens dont la langue n’est pas la même, Pierre a répondu « Il n’y avait personne qui se comprenait là-dedans. Mais avec Réal, ce qui est incroyable, c’est que même lorsqu’il fait n’importe quoi, juste des sons, il est capable de montrer il est où le punch. Et il est capable de construire un dialogue avec des gens qui ne comprennent pas ce qu’il dit. » Réal renchéri « C’était gênant justement de faire semblant de parler indien devant eux. C’est comme quelqu’un qui arrive ici, un japonais qui essaie de parler français, mais il ne sait aucun mot, tout ce qu’il connaît c’est le son que l’on produit quand on ouvre la bouche. Alors, je me sentais un peu imposteur et gêné. »

Bien que normalement un film coûte environ 5 millions de dollars à produire au Québec, celui-ci n’avait que 500 000 $ de budget. Comment s’en sont-ils sortis avec si peu et que le film soit de la même qualité que d’autres plus cher? Est-ce que les autres réalisateurs seront envieux? Pierre répond : « Sûrement pas, car cela ne se reproduira plus. On est embarqué dans l’aventure, on s’est fait prendre au piège, on l’a fait sur le bras dans le fond, c’est aussi simple que cela. » Réal poursuit « J’ai calculé le tout et j’ai été payé à 37 cents de l'heure » puis « J’aurais aimé cela retourner à New Delhi et aller leur montrer le film. C’était cela mon rêve. »

 



 

Pour terminer, Mario Grenier a demandé d’immortaliser ce moment unique à l’Impérial, en prenant une photo de tous les gens présents, public et artisans.  Une belle soirée inoubliable!

 

 

 

Artisans :

auteur et producteur délégué: Daniel Michaud

auteur et réalisateur : Pierre Paquin

directrice production : Nathalie Larose

Monteur : Martin Gravel

DOP : André Perron

Producteur : Denis Savard, Pierre Paquin, Réal Béland, Daniel Michaud

Arrangements musicaux des 12 reprises de chansons québécoises : Stéphane Bachand

Production : Champ Gauche Inc.

Date de sortie Super Écran: mercredi le 1er juillet 2009 (Canada)

Le Grand Rire de Québec

Site de Réal Béland

 

Crédit photos: Astral Télé Réseaux, Roland de Québec et Shirley Noel

 

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