Le dimanche, 28 septembre 2008


Jonathan Painchaud
« Qu’on se lève » s’il-vous-plaît !

Bookmark and Share

C’est une prestation sans faille que nous a offerte Jonathan Painchaud, le 17 septembre dernier à l’Olympia, lors de la rentrée montréalaise de son spectacle « Qu’on se lève ». Une performance flamboyante, inoubliable, mais détonnant avec l’inertie du public, paralysé par une salle inappropriée…

 


Site web

 

Sur scène, Jonathan Painchaud est incontestablement dans son élément. Accompagné de Mark Hébert à la basse, Richard Boisvert à la guitare et Jérôme Chénard à la batterie, des musiciens accomplis et très dynamiques à qui il accorde une grande place, il semble littéralement entouré de sa gagne de chums. Avec ses airs de rock star, il dégage une énergie débordante - renforcée par une conception d’éclairage des plus spectaculaires - énergie qui, malheureusement, ne semble pas se rendre jusqu’à l’auditoire. C’est que ce soir-là, dans la belle grande salle de l’Olympia, le public est…assis. Bien qu’on ait droit à une prestation très rock, qui ne peut que nous donner le goût d’être debout et de danser , nous sommes confinés à nos sièges. Bien entendu, Painchaud réussit à nous lever de notre siège, le temps de quelques chansons telle que la populaire Pousse Pousse. Mais les spectateurs, peu nombreux, semblent se perdre dans le vaste théâtre. Une salle plus intime aurait sans doute été plus appropriée, cadrant d’ailleurs beaucoup mieux avec son style de chansonnier sympathique.

 

Pousse pousse
Ce vidéo n'est pas une propriété d'Info-Culture.Biz.

 

Ce guitariste dans l’âme (il porte sa guitare en bandoulière sur toutes les photos de son nouvel album et ne la lâche pas une seconde pendant le spectacle) offre aux spectateurs une belle variété de chansons tirées des différentes époques de sa carrière. Au grand bonheur des fans d’Okoumé, il interprète plusieurs pièces du groupe, telles que Son rire, Europe, Le bruit des origines, À l’enfant que j’aurai, Irresponsable et Dis-moi pas ça. On a également droit à quelques covers de grands classiques, dont Blister in the sun (Violent Femmes), Time (Pink Floyd) et Free Falling (Tom Petty), toutes interprétées avec passion, brio et justesse. Étrangement, bien qu’il s’agisse d’une tournée dédiée à son dernier album, « Qu’on se lève », il n’accorde qu’une toute petite place à ses nouvelles compositions, n’interprétant que la moitié d’entre elles.

Tandis que la première partie du spectacle est plutôt folk et country, le retour de l’entracte est décidément plus rock. Painchaud entame cette deuxième partie en force avec Pousse Pousse. C’est lorsqu’il interprète cette pièce que l’inscription sur son chandail, « Chanteur populaire », prend tout son sens. Pour la première fois, le public se lève et chante en chœur, allant même jusqu’à mimer les personnages de la chanson, qui poussent poussent poussent de la fonte. Painchaud fait d’ailleurs remarquer, en début de soirée, à quel point il est heureux que les radios aient enfin décidé de passer un nouvel extrait de son album, mentionnant même au passage que nous devions être « tannés », d’entendre Pousse Pousse sur les ondes…

 


Crédit photos: Patrick Lamarche HNRmedia.com pour CKOI.com

 

Rassembleur et chaleureux, on a l’impression que c’est chez lui qu’il nous reçoit. « Ça me fait plaisir de vous voir ici », lance-t-il d’entrée de jeu et c’est dans ce même esprit qu’il nous salue en fin de soirée, comme s’il s’adressait à de vieux amis : « Merci d’être passés, ça m’a fait plaisir. Soyez prudents là ». Mentionnons également la grande complicité qui l’unit à ses musiciens, qu’il se plaît à surnommer ses « boys, Jo, Jay, Rich et Mark ». Cette bête de scène qui, par son authenticité et sa grande sincérité, touche énormément, nous offre une soirée riche en humour, en anecdotes et en confidences, comme lorsqu’il nous annonce qu’il sera bientôt papa, juste avant d’interpréter, seul sur scène, À l’enfant que j’aurai. Pas de doute, on a véritablement affaire à un passionné de musique. Pour lui, le métier de chanteur a deux utilités : premièrement avoir du fun et deuxièmement, profiter de la tribune qui s’offre à lui pour parler des choses qui lui tiennent à cœur.

 


Crédit photos: Martin Chamberland, La Presse et Patrick Lamarche HNRmedia.com pour CKOI.com

 

Suite à la séparation d’Okoumé en 2002, Jonathan et son frère Éloi sortent un album duo : Au nom du père. Puis, en 2005, poursuivant dans la veine folk-rock entamée avec Okoumé, Jonathan lance C’est la vie, son premier opus solo. Avec Qu’on se lève, un album à son image, c’est-à-dire sans prétention, le parolier nous offre des textes simples, accessibles, racontant des histoires de son quotidien et ce dans un franc parlé québécois. Il signe toutes les chansons de l’album, encore une fois réalisé avec son frère, et on reconnaît dans chacune d’elle cette belle authenticité qui lui est propre. De Laisse-toi pas détruire, écrite pour un bon ami à lui, à Pour mon grand frère en passant par Belle ballerine, une touchante ballade dédiée à sa mère, Painchaud a un plume très personnelle, révélant une partie de lui, de son vécu, de ses souvenirs. Madelinot d’origine, il semble profondément enraciné dans ses îles natales, qui, semble-t-il, lui manquent beaucoup. « Même si bien des choses ont changé/Au pays de notre enfance/On va tous y retourner/ Assurer la descendance», chante-t-il sur Les vieux chums, également très représentative d’autres thèmes récurrent comme la nostalgie de l’enfance et la force de l’amitié (« Ça fait trop longtemps il me semble/qu’on a pas trippé ensemble/Entre travail et devoirs/On n’a plus le temps de se voir »).

La tournée « Qu’on se lève » se poursuit jusqu’en février 2009. Elle passera par plusieurs villes de la province, dont Chicoutimi, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke et Gaspé. Pour les dates, consulter le site officiel de l’artiste: http://www.jonathanpainchaud.com/fr

 

 

Accueil

Résolution : 1024 X 768 et Internet Explorer et Firefox
© 2006/2008 - Info-Culture.biz. Tous droits réservés. Il est interdit d’utiliser tout texte de ce Média Internet Culturel, par quelque moyen que ce soit, sans en demander l’autorisation à Info-Culture.biz et à son auteur.

 

Légende
½ ; pas du tout ; un peu ; assez ; beaucoup ; passionnément