Elles sont des centaines
à rêver de gloire tapissée sur toutes
les tribunes, à s’imaginer diva à
la place de la Diva, à cracher leurs amygdales
sur le même modèle que la dernière
pop star à défrayer les feuilles de chou
plutôt que les portées musicales. La plupart
d’entre elles (je dis elles mais ce pourrait
être eux !) font trois petits tours et puis
s’en vont. Et il y a les exceptions. Celles qui
ne s’empêchent pas de rêver pour un
oui, pour un non, mais qui défrichent la terre
de leur talent avec acharnement et passion. Et surtout
avec une authenticité à vous fendre la gamme.
La jeune artiste mauricienne Ingrid,
avec son maxi Une luciole sur un high,
correspond de pied en cap à cette dernière
définition.
Pour l’instant,
on n’a que 5 titres originaux à se mettre
sous la dent… et au creux de l’oreille. Mais
l’auteur-compositeur-interprète a du cœur
au ventre et sait d’instinct comment faire naître
des étincelles. Misant beaucoup sur le duo indémodable
du piano-voix, Ingrid marche sur les
pas vibrants de Marie-Jo Thério dès
son premier air, soit la chanson éponyme de l’album,
d’autant plus qu’elle évoque une existence
« trop maline » (Clin d’œil
à La Maline de Thério ?) avec sa voix
épurée, sans effets, cristalline, dans un
français mi-poétique, mi-quotidien, où
la langue devient le reflet d’états d’âmes
à mille lieues du nombrilisme. Dans sa deuxième
chanson intitulée lucidement T’sé,
elle s’inquiète quelque peu de ce que son
amour puisse la trouver kitsch alors que sa déclaration
d’amour, qu’elle avoue probablement griffonnée
« dans un café sur une vieille facture
», est remplie « d’aurores
dans son 3½ », de mots doux et surprenants
jaillis de son « p’tit cœur feu d’artifié
». Une berceuse pour le couple qui sommeille,
peut-être tendrement, mais à qui il fait
bon parfois susurrer un « Qu’est-ce que
t’attends ? » bien senti. Une guitare
enjouée plus tard et voilà Ingrid
qui prend le parti d’être engagée
et, dieu merci, ça sonne vrai : -35 plus facteur
vent vous donne autant l’envie de bouger que celle
de vous botter le cul pour résister au moule, à
une société siliconée qui cherche
à nous « pâte-à-modeler
l’esprit ». Avec En p’tit bonhomme,
elle revient de suite à un style plus introspectif
où elle croit que sa solitude lui fait la guerre,
avant de terminer sur cette Lunatique auréolée
très impressionniste, belle conclusion à
ce démo cohérent et assuré, puisque
flottant entre sa nature d’artiste et son essence
d’amoureuse.

Mine de rien, les coréalisateurs
Benoit et Carl Vaudrin
ont su placer Ingrid, ses mots, sa voix,
ses accords, ses couleurs, à l’avant-plan.
Pas de chichis ni d’esbroufe. C’est elle qu’on
entend dans toute sa fraîcheur, sa candeur, sa soif
d’embrasser le monde entier par son art pétri
d’espoir. Et cette mini galette n’en finit
plus de s’engouffrer dans le lecteur CD, sans qu’on
s’en lasse. La luciole fera plus que long feu et
nous promet d’ores et déjà une kyrielle
d’autres étincelles.
Une luciole sur un high, maxi de Ingrid,
auteur-compositeur-interprète.
En vente uniquement au café Morgane du Boulevard
des Forges, à Trois-Rivières.
Album
complet à suivre dès cet automne.
Lien:
http://www.myspace.com/ingridmusique
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