Mardi 26 février
s’arrêtait à la Salle J.-Antonio
Thompson de Trois-Rivières, la tournée
québécoise de la pièce «
Huit femmes ». Cette pièce de Robert
Thomas, mis en scène et adapté par
Jean-Guy Legault nous présente un tableau
irréaliste, totalement délirant de la réalité.
Du pur bonbon, tout simplement.
Une tempête de
neige, une maison isolé au beau milieu de nul part,
un meurtre et huit éventuelles coupables; voilà
la recette d’un cocktail explosif.
Dans son petit chalet
de North Hatley (on parle ici d’un véritable
manoir), Marcel meurt tragiquement dans sa chambre.
En raison de son isolement et de la tempête à
cette veille de Noël, il n’y a qu’une
possibilité : le meurtrier est l’une des
huit femmes présentent dans la maison. Toutes ont
un motif de le tuer, mais une seule a accompli le méfait.
Afin de démasquer la meurtrière, cette comédie
nous plonge dans un univers où tous les personnages
ont des squelettes dans leurs placards. Et parfois, quel
squelette !
Avec cette version théâtrale
et purement québécoise, on assiste à
un mélange de vaudeville et de drame anglais. Du
Shakespeare à la Michel Tremblay, quoi. On est
bien loin du film sorti en 2002 mettant en vedette Catherine
Deneuve. Cette pièce est un joyeux mélange
de l’univers d’Agatha Christie et
du populaire jeu de société Clue; tout ça
à la sauce du Cœur à ses raisons.

Crédit
photo : Mathieu
Rivard
Quoi dire de la distribution
totalement désopilante ? De grands noms étaient
réunis pour l’occasion. Sophie Faucher
est la bourgeoise coincée, perruque blonde et manteau
de fourrure; Nathalie Gascon, la vieille
fille hypocondriaque, en mal d'attention; Catherine Florent,
la jeune fille parfaite, du moins en apparence; Marilyn
Perreault, la petite peste en quête de
vérité; Béatrice Picard,
la grand-mère alcoolique et avaricieuse; Brigitte
Paquette, la soeur du défunt assez libérée;
Louise Latraverse, la nounou du type
Mary Poppins nouveau genre; Geneviève Bélisle,
une bonne (ou une infirmière selon les désirs
du Maître) pas très recommandable.
Pour ceux qui étaient
habitué au langage propre et soigné de Sophie
Faucher, attendez-vous voir la Québécoise
sortir de ce corps… Un joyeux mélange avec
Cristale, son personnage plastique du Cœur à
ses raisons. Une mention s’impose à Béatrice
Picard pour son éternelle jeunesse et son rythme
sur scène. Avec ses 60 ans de carrière,
elle n’a rien perdu de son talent.
La tournée se
terminera en avril prochain, et elle parcoura encore plusieurs
villes du Québec dont Joliette, Drummondville,
Sherbrooke, Shawinigan et Jonquière.
Ce fût une
soirée d’un pur délice, tellement
que j’ai mes billets pour la représentation
à Shawinigan, et en attendant, je vais faire comme
Louise Latraverse le dit tout au long de la pièce
: je vais aller me chercher une bûche.
Et pour ceux qui se demandent en ce qui concerne la conclusion
: ah ! Mystère et boule de gomme !
Ce n’est pas forcément ceux que l’ont
soupçonnent.
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