On n’enseigne
plus l’Histoire, se plaignent, à
tort ou à raison, nombre de parents en
souhaitant une réforme prochaine qui ramènera
notre jeunesse sur les traces de César
et autres conquérants redoutables. En attendant,
on peut toujours se rabattre sur les aventures
de Hannicar, esclave affranchi
de Scipion Émilien et rien de moins que
le fils du dieu romain Mars.
Toutefois,
n’allez pas croire qu’il s’agit
de roman historique maquillé en ouvrage destiné
à la jeunesse; c’est bel et bien d’aventures
imaginaires dont il est question ici, avec ça
et là des morceaux de réalité.
Mais, car il y a un mais, tout le récit est
inspiré des légendes puisées
à même l’Antiquité et
qui (re) donnent vie à ces personnages mythiques
qui ont peut-être peuplé l’imaginaire
de certains parents. D’ailleurs les mythes
de l’Antiquité ne sont-ils pas ce qui
s’approchent le plus – et qui ont influencé
?- les héros fantastiques que nous connaissons
aujourd’hui? Ça, France-Anne
Blanchet l’a très bien compris.
Et très bien rendu. Les jeunes prendront
plaisir à suivre les aventures de ce héros
de leur âge qui en est à son deuxième
tome. Et en se fiant aux possibilités qu’offre
la mythologie, on peut prédire, sans avoir
besoin de la magie, qu’on est loin d’en
avoir terminé avec lui.
À
mon avis supérieur au premier opus, car peut-être
plus rythmé, plus incisif aussi dans les
parties narratives. Et, la narration est vraiment
ce qui fait la force de l’auteure.
Contrairement
à ce qu’on retrouve dans plusieurs
romans-jeunesses, France-Anne Blanchet
n’abuse pas des dialogues. Elle fait confiance
aux capacités de ses jeunes lecteurs et se
plait à tenter de les captiver : «
sentant sur sa nuque un souffle chaud, au rythme
régulier. Hannicar, sans se retourner, tendit
la main pour caresser son loup. » Une
bête que l’auteure semble affectionner
beaucoup également. D’ailleurs, la
nature joue aussi un rôle de premier plan
dans les aventures de Hannicar. Les eaux particulièrement.
Tantôt compagnes, tantôt ennemies. Et
cela sert de prétextes à quelques
leçons de géographie. «
En franchissant l’Euphrate, le long fleuve
ayant toujours servi de frontière naturelle
à la Mésopotamie, ils pénétraient
chez les Parthes. » Seul petit reproche,
l’utilisation de certains clichés qui
m’agacent quelque peu. Toutefois, ce n’en
sont peut-être pas encore pour bien des lecteurs
dont ce sera l’un des premiers livres. À
conseiller aux enfants de de 12 ans et plus.
Hannicar
Tome 2 sur les traces de Gilgamesh
France-Anne Blanchet
Éditions
Porte-Bonheur, collection Talisman
217 pages
9, 95 $
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Blanchet
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