C’est sous le thème des Américains que s’est présenté le troisième gala du Grand Rire, avec à la barre d’animation Martin Petit. Avant même le début du spectacle, Archy Donald Beaudry, l’animateur de foule, prend quelques minutes rapidement pour demander aux gens des cinq premières rangées de mettre leur nez rouge du festival, puis il réchauffe la salle avec quelques blagues improvisées. À 19 h 30, c’est l’ouverture de rideau et oh surprise!, on voit sur scène un immense drapeau américain. Un corps de tambour et clairon (les Éclairs de Québec) s’installe sur la scène et pendant qu’ils nous jouent un air, les cheerleaders de l’Université Laval viennent exécuter une chorégraphie, remplie de culbutes et sauts dans les airs. Par la suite, la très talentueuse Kim Richardson, vêtue d’une robe de soirée, entame l’hymne national américain. On se serait cru au SuperBowl! Un numéro d’ouverture digne des plus grands galas américains. À ce moment, Martin Petit arrive sur scène et tente d’écourter le numéro de Kim, qui n’en finit plus d’étirer la chanson. Ça y est, la rigolade est amorcée. On s’installe pour toute une soirée, à la hauteur de l’égo américain. Martin entame ensuite son monologue pour nous expliquer jusqu’à quel point notre destin est lié à ce qui se passe chez nos voisins du Sud. Et il nous fait l’énumération de tous ces produits américains qui ont marqué sa vie, du Fisher-Price, au Jack Daniels, en passant par Play-Boy et les pampers. Un numéro pour nous faire réfléchir. Que l’on aime ou pas les Américains, ils influencent notre vie tous les jours.
Par la suite, rien de mieux qu’un de nos humoristes québécois, dont le style de « Stand-up comique » ressemble le plus à celui des américains (pensez Tim Allen), François Massicotte. Il arrive sur scène vêtu d’un gilet des Patriots de la Nouvelle-Angleterre et s’empresse de nous raconter son périple aux États-Unis, lorsqu’à 11 ans, sa famille et lui se sont rendus en Californie en tente-roulotte, pour y habiter pendant un an. Un numéro extrêmement drôle, où il nous explique comment il a fait la transition du français à l’anglais. À en pleurer de rire!
  
Puis, on enchaine avec Maxime Martin, sobre depuis cinq mois et qui a perdu 25 livres. Il nous raconte ses déboires de boissons lors de son séjour à Pittsburgh, quand son ami Maxime Talbot l’a invité à venir voir un match de hockey et qu’il s’est fait arrêté par la police. Une anecdote très drôle qui plait énormément aux gars présents.
On poursuit l’hommage américain avec un numéro calqué sur l’émission de télé Dr Phil. Un animateur de talk-show qui invite sur son plateau quelqu’un qui a un problème et que l’on tente de régler, en l’humiliant devant public. Ainsi, le Dr Mart (Martin Petit) reçoit aujourd’hui un alcoolique qui est misogyne (Jean-Michel Anctil). Par la même occasion, il invite une ancienne maitresse de cet homme (Marina Orsini) qui a en gros sur le cœur et se défoule sur lui… en italien. Une très bonne imitation de cette émission de télévision. Un numéro très drôle qui plait aux gens et dont les décrochages des humoristes amplifient les rires de la foule.
Naturellement, sur un gala qui parle des Américains, on se devait d’inviter quelqu’un qui fait fureur partout et même là-bas, Alain Choquette. Pour l’occasion, il nous fait deux numéros avec des gens du public. L’un de ces numéros implique le journal Le Soleil que tous les gens dans la salle ont à leurs pieds. Dans les deux cas, les gens demeurent stupéfaits du résultat de ses prédictions. Pas surprenant qu’on lui serve une ovation debout à la fin de sa prestation.
Ensuite, quoi de mieux qu’un français, né en Algérie, pour venir nous raconter son expérience de séjour aux États-unis. Patrick Timsit réussit à nous faire rire, mais comme la plupart des Français humoristes au Québec, ce numéro est plutôt laborieux.
Pour terminer la première partie qui dure déjà depuis une heure trente, on nous présente un numéro en chanson. Le groupe Les Backstreet on the block nous font bien rigoler avec leurs costumes et leurs steppettes. Ceci met en vedette Martin Petit, Sylvain Laroque et Les Denis Drolet. À la fin de la soirée, tous ceux qui le désirent reçoivent un CD de ce groupe et on peut aller le faire autographier par eux.
 
Après l’entracte, on a droit à un hommage au grand Marcel Béliveau. Grâce à l’écran géant, on revoit des portions d’émissions qui ont tant fait rire les gens au fil des ans, et à travers plusieurs pays. Le fils de Marcel, Alain Béliveau, est invité sur scène pour recevoir de l’équipe du Grand Rire (Sylvain Parent-Bédard, Mario Grenier et Denis Savard, producteur) et de Jean-Pierre Alarie, le Nez d’Or pour l’ensemble de l’œuvre de son père.
Puis, Kim Richarson revient nous enivrer de sa voix magnifique, pour nous présenter des archives des exploits de Evel Knievel. Et Martin Petit arrive sur scène vêtu d’un des costumes de ce cascadeur casse-cou. Il nous parle alors de ces super héros américains, sans peur et sans reproche. Il compare même le football américain dont la devise est sûrement « il faut souffrir pour être le meilleur », avec notre système d’éducation qui lui, est basé sur de tout autres valeurs. Cela fait réagir grandement la foule qui en plus de rire, applaudit ce numéro très à propos, où l’on se rend bien compte que les Américains ont une philosophie de Gagneur et nous, c’est plutôt assez Perdant.
Ensuite, Réal Béland, cet éternel adolescent aux cheveux gris, nous fait son numéro toujours très apprécié de Monsieur Latreille. Il tente un premier appel à quelqu’un de Québec, mais il est rapidement démasqué. Puis c’est au tour d’un gentil couple M. Robert Dupuis et sa femme Pauline, de se faire gentiment prendre par Réal. Un numéro qui se mérite une ovation debout.
Par la suite, Daniel Lemire vient nous faire un monologue sur une réclamation d’assurance faite par les Hell’s Angels. En fait, ce numéro, il l’a présenté au gala de François Massicotte, deux jours auparavant. Comme peu de gens dans la salle semblent avoir été à ce premier gala, la foule a grandement apprécié.
 
S’ensuit un moment plutôt difficile de la soirée, avec la prestation de Stéphane Fallu, qui nous parle de Montréal et son côté plutôt désolant. Cependant, ce numéro ne lève pas tellement et cela refroidit un peu la salle.
Pour redonner de la vie au spectacle, Martin Petit décide de nous faire chanter « Mon cher Barack c’est à ton tour… » en l’honneur de l’anniversaire de Barack Obama qui se tiendra le 4 août prochain. Martin veut créer un vidéo sur YouTube pour que le Québec se fasse remarquer. Ceci détend l’atmosphère.
Place ensuite à Michel lauzière connu mondialement pour ses prouesses de tout genre. Pour l’occasion, il nous a concocté des instruments de musique à partir d’objets de cuisine. Une poire à jus, des cuillères de bois et de plastiques, un pot de beurre d’arachide, un malaxeur… Il nous joue entre autres « When the Saint go marching in » et « Hound dog » ce qui lui mérite une ovation debout avant même qu’il termine son numéro. Pour terminer, il nous chante de l’opéra, tout en nous faisant miroiter un parapluie ayant la forme d’un visage expressif. Que dire sinon que c’est impressionnant et que l’on se lève à nouveau pour l’applaudir chaudement.
Pour clôturer cette soirée, on a eu droit à un Louis-José Houde en pleine possession de ses moyens. Il nous raconte son voyage dans le Sud, en Guadeloupe, où il a attrapé un coup de soleil mémorable, jusque derrière les genoux. Un numéro physique, où il est survolté. Un dirait un condensé des meilleures prouesses de ce petit bonhomme qui pète le feu sur scène. Naturellement, une ovation debout met fin à ce gala qui a duré plus de 3h30 sans compter l’entracte.
En résumé, on a eu droit à un spectacle grandiose, avec de tout, pour nous en mettre plein la vue et les oreilles.
Une excellente soirée!
Grand Rire
www.grandrire.com
Grand Théâtre
www.grandtheatre.qc.ca
Crédit
photos: Philippe Moussette
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