C'est
le festival « Temps d'images » à
l'Usine
C, mais paradoxalement, je n'ai pas eu envie de prendre
d'images de l'évènement. Pas de photos, et pour
deux raisons principales. Premièrement parce que c'est
techniquement difficile: trucs en mouvement ou vidéos.
Deuxièmement, parce que si on n'a pas passé
à l'Usine C pour voir le tout soi-même,
les mots sont ici plus fort que l'image.
Mais avant
d'aller à ce festival, il faut être prêt...
tout en ne l'étant pas. Autrement dit, il faut s'attendre
à tout. Passera alors son tour le rationnel et l'impatient,
à moins que ces qualités (défauts?)
ne soient mis de côté pour quelques heures.
Comme on
le décrit dans la programmation de l'évènement,
si Temps d'images était une plante,
ce serait un rhizome. Un événement sous-terrain
horizontal, qui donne naissance à des bourgeons qui
dépasseront la surface.
Bienvenue
à « Welcome to Nowhere »
Il y a quelques projections et installations qui sont présentées
à l'Usine C, mais il y a aussi performances
et spectacles. Laissez-moi vous raconter mon expérience
du spectacle intitulé « Welcome to Nowhere
».
Assis dans
une petite salle en attendant leur spectacle, je rencontre
l'équipe de Temporary
Distortion, ces new-yorkais qui allaient nous présenter
leur spectacle une heure plus tard. Honnêtement, je
commence par leur dire que je n'ai AUCUNE idée de ce
qu'ils font, et que je m'attends à n'importe quoi !
Je leur demande donc ne ne rien me dire, et on se donne rendez-vous
après le spectacle pour que je leur partage mes impressions.
Mais avant, un des GARS me demande de porter attention: «
look for the mexican woman ». La FEMME mexicaine
? Ok !
Je m'asseois
donc, prêt à n'importe quoi. Ça commence,
et je n'ai aucune idée de quoi ils veulent parler.
Mais patience, patience... et comme très souvent, cette
patience a porté fruit. Une après l'autre, les
scènes faisaient rire et réfléchir. «
Je n'ai pas besoin que ce soit facile. Je n'ai pas besoin
qu'on me mente. » Et à un moment ou une
des actrices est sur le point de se suicider, on se pose la
même question que le narrateur: « Et si, au
bord de la mort, on découvrait des vérités
''de l'univers'' qu'on n'aurait pu connaître autrement
? »
Malgré
tout, ce n'est pas une heure obscure qu'on passe dans la salle.
Il y a même à la mi-temps un karaoké qu'on
peut chanter avec les acteurs ! Ah oui, j'allais aussi oublier:
est-ce que je vous ai dit que le spectacle était plus
qu'original ? Pour comprendre à quoi ressemble le specacle,
imaginez vous premièrement en train de regarder une
pièce de théâtre « normale »
dans une salle sombre. Enlevez ensuite les mouvements des
personnages et placez les dans deux cubicules un à
côté de l'autre. Changez les acteurs en fermant
et réouvrant la lumière des cubicules, et placez
finalement un écran horizontal au dessus d'eux dans
lequel joue un film. Et dans ce film, les six acteurs qui
vont et reviennent dans les cubicules voient leur double dans
un monde parallèle, où ils vivront crimes, mort
et amour.
Je revois
la gang après le spectacle et leur dit que j'ai aimé,
vraiment. Mais que je n'ai malheureusement pas trouver la
femme espagnole... Ils me sourient et remercient d'avoir assisté,
et grâce à cette franchise et gentillesse qu'ils
me laissent très bonne impression. Prérequis
pour « Welcome to nowhere »: ouverture
d'esprit et concentration. Récompense: originalité,
humour, réflexion et extase artistique.
Ce
vidéo n'est pas une propriété d'Info-Culture.Biz.
Patrick
Masbourian
La courroie entre cet évènement et les médias
est l'allumé Patrick Masbourian. Et
on comprend vite pourquoi ils l'ont choisi comme porte-parole:
à part son côté rationnel et journalistique
qu'on a l'habitude de cotoyer, il y aussi cette source artistique
qu'il a appris à développer et aimerau début
de sa carrière. « À 15 ans, j'ai connu
le cinéma. À 17 ans, c'était le théâtre,
à 20 ans la vidéo et à 30 ans la technologie.
» Aujourd'hui, à 39 ans, il peut faire un
mélange du tout, lui qui aime le vidéo d'art.
C'est la
première fois que monsieur Masbourian est porte-parole
de l'évènement, mais après un petit entretient
avec lui, on ne s'étonnera pas de le revoir l'année
prochaine.
Ce
vidéo n'est pas une propriété d'Info-Culture.Biz.
Projections
et installations
En arrivant à l'Usine C, vous allez
directement pouvoir vous observer dans 20 petits mirroirs
qui se déplacent mechaniquement, dans une oeuvre des
productions
Recto-Verso. Juste pour voir si vous êtes
beaux de tous les angles avant de continuer votre visite.
Un peu plus loin, une installation vidéo à deux
écrans: d'une femme qui se promène dans la ville
sans vraiment aller nulle part. Après avoir visité
les deux autres installations à l'étage, vous
allez pouvoir desendre au sous-sol.
En descendant
les étages et en parcourant quelques couloirs, on arrive
dans une petite salle de projection. Du 19 au 21 février,
c'était une triologie de Patrick Bernatchez
jouant en boucle. Comme dans ces trois courts-métrages
dans lesquels les mouvements des caméras sont très
lents, on ressort nous aussi plus « zenz ».
Quant aux histoires, elles sont telles des pièces de
Kafka: chacun y verra quelque chose. Après la contemplation
de ces projections et installations, on se sent absurdement
artistiquement stimulé.
Le festival
Enfin, ce festival est aussi un réseau international.
Pour sa septième année, 10 autres pays que le
Canada y participent, en passant de la Turquie à l'Italie,
de la Roumaine au Portugal, sans compter, l'Allemagne et de
la Belgique, la France, la Hongrie, la Pologne et l'Estonie.
C'est donc un réseau principalement européen,
mais de toutes façons l'image est internationale. Et
les artistes ne sont pas obligés de venir de ces pays.
Le but n'étant pas d'« entraver la circulation
entre oeuvres et artistes ».
Festival
« Temps d'images », à
l'Usine C du 19 au 28 février.
Entrée libre pour les projections et installations.
Mardi 24
février 2009: Patrick Masbourian s'entrediendra
à 20h avec Enrico Casagrande, concepteur et metteur
en scène de Crac, qui joue pendant le festival.