Le lundi, 23 février 2009

Festival
Temps d'images

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C'est le festival « Temps d'images » à l'Usine C, mais paradoxalement, je n'ai pas eu envie de prendre d'images de l'évènement. Pas de photos, et pour deux raisons principales. Premièrement parce que c'est techniquement difficile: trucs en mouvement ou vidéos. Deuxièmement, parce que si on n'a pas passé à l'Usine C pour voir le tout soi-même, les mots sont ici plus fort que l'image.

Mais avant d'aller à ce festival, il faut être prêt... tout en ne l'étant pas. Autrement dit, il faut s'attendre à tout. Passera alors son tour le rationnel et l'impatient, à moins que ces qualités (défauts?) ne soient mis de côté pour quelques heures.

Comme on le décrit dans la programmation de l'évènement, si Temps d'images était une plante, ce serait un rhizome. Un événement sous-terrain horizontal, qui donne naissance à des bourgeons qui dépasseront la surface.

 

 

Bienvenue à « Welcome to Nowhere »
Il y a quelques projections et installations qui sont présentées à l'Usine C, mais il y a aussi performances et spectacles. Laissez-moi vous raconter mon expérience du spectacle intitulé « Welcome to Nowhere ».

Assis dans une petite salle en attendant leur spectacle, je rencontre l'équipe de Temporary Distortion, ces new-yorkais qui allaient nous présenter leur spectacle une heure plus tard. Honnêtement, je commence par leur dire que je n'ai AUCUNE idée de ce qu'ils font, et que je m'attends à n'importe quoi ! Je leur demande donc ne ne rien me dire, et on se donne rendez-vous après le spectacle pour que je leur partage mes impressions. Mais avant, un des GARS me demande de porter attention: « look for the mexican woman ». La FEMME mexicaine ? Ok !

Je m'asseois donc, prêt à n'importe quoi. Ça commence, et je n'ai aucune idée de quoi ils veulent parler. Mais patience, patience... et comme très souvent, cette patience a porté fruit. Une après l'autre, les scènes faisaient rire et réfléchir. « Je n'ai pas besoin que ce soit facile. Je n'ai pas besoin qu'on me mente. » Et à un moment ou une des actrices est sur le point de se suicider, on se pose la même question que le narrateur: « Et si, au bord de la mort, on découvrait des vérités ''de l'univers'' qu'on n'aurait pu connaître autrement ? »

 


Crédit photo: Propriété, www.temporarydistortion.com

 

Malgré tout, ce n'est pas une heure obscure qu'on passe dans la salle. Il y a même à la mi-temps un karaoké qu'on peut chanter avec les acteurs ! Ah oui, j'allais aussi oublier: est-ce que je vous ai dit que le spectacle était plus qu'original ? Pour comprendre à quoi ressemble le specacle, imaginez vous premièrement en train de regarder une pièce de théâtre « normale » dans une salle sombre. Enlevez ensuite les mouvements des personnages et placez les dans deux cubicules un à côté de l'autre. Changez les acteurs en fermant et réouvrant la lumière des cubicules, et placez finalement un écran horizontal au dessus d'eux dans lequel joue un film. Et dans ce film, les six acteurs qui vont et reviennent dans les cubicules voient leur double dans un monde parallèle, où ils vivront crimes, mort et amour.

 


Crédit photo: Propriété, www.temporarydistortion.com

 

Je revois la gang après le spectacle et leur dit que j'ai aimé, vraiment. Mais que je n'ai malheureusement pas trouver la femme espagnole... Ils me sourient et remercient d'avoir assisté, et grâce à cette franchise et gentillesse qu'ils me laissent très bonne impression. Prérequis pour « Welcome to nowhere »: ouverture d'esprit et concentration. Récompense: originalité, humour, réflexion et extase artistique.

 

Ce vidéo n'est pas une propriété d'Info-Culture.Biz.
 

 

Patrick Masbourian
La courroie entre cet évènement et les médias est l'allumé Patrick Masbourian. Et on comprend vite pourquoi ils l'ont choisi comme porte-parole: à part son côté rationnel et journalistique qu'on a l'habitude de cotoyer, il y aussi cette source artistique qu'il a appris à développer et aimerau début de sa carrière. « À 15 ans, j'ai connu le cinéma. À 17 ans, c'était le théâtre, à 20 ans la vidéo et à 30 ans la technologie. » Aujourd'hui, à 39 ans, il peut faire un mélange du tout, lui qui aime le vidéo d'art.

C'est la première fois que monsieur Masbourian est porte-parole de l'évènement, mais après un petit entretient avec lui, on ne s'étonnera pas de le revoir l'année prochaine.

 

Ce vidéo n'est pas une propriété d'Info-Culture.Biz.

 

Projections et installations
En arrivant à l'Usine C, vous allez directement pouvoir vous observer dans 20 petits mirroirs qui se déplacent mechaniquement, dans une oeuvre des productions Recto-Verso. Juste pour voir si vous êtes beaux de tous les angles avant de continuer votre visite. Un peu plus loin, une installation vidéo à deux écrans: d'une femme qui se promène dans la ville sans vraiment aller nulle part. Après avoir visité les deux autres installations à l'étage, vous allez pouvoir desendre au sous-sol.

 

 

En descendant les étages et en parcourant quelques couloirs, on arrive dans une petite salle de projection. Du 19 au 21 février, c'était une triologie de Patrick Bernatchez jouant en boucle. Comme dans ces trois courts-métrages dans lesquels les mouvements des caméras sont très lents, on ressort nous aussi plus « zenz ». Quant aux histoires, elles sont telles des pièces de Kafka: chacun y verra quelque chose. Après la contemplation de ces projections et installations, on se sent absurdement artistiquement stimulé.

 


Le festival

Enfin, ce festival est aussi un réseau international. Pour sa septième année, 10 autres pays que le Canada y participent, en passant de la Turquie à l'Italie, de la Roumaine au Portugal, sans compter, l'Allemagne et de la Belgique, la France, la Hongrie, la Pologne et l'Estonie. C'est donc un réseau principalement européen, mais de toutes façons l'image est internationale. Et les artistes ne sont pas obligés de venir de ces pays. Le but n'étant pas d'« entraver la circulation entre oeuvres et artistes ».

Festival « Temps d'images », à l'Usine C du 19 au 28 février.
Entrée libre pour les projections et installations.

Programmation complète sur le site de l'Usine C: www.usine-c.com/fr/programmation/2008-2009/TDI_09.html

Mardi 24 février 2009: Patrick Masbourian s'entrediendra à 20h avec Enrico Casagrande, concepteur et metteur en scène de Crac, qui joue pendant le festival.

 

 

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½ ; pas du tout ; un peu ; assez ; beaucoup ; passionnément