Le lundi, 29 octobre 2007


ELIZABETH, THE GOLDEN AGE, un tantinet trop charcuté

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Quinze ou vingt petites minutes de plus et ce second volet de la trilogie entreprise par le talentueux réalisateur Shekhar Kapur aurait été la perfection même. Alors vivement la sortie d’un DVD avec le director’s cut, quoique tout ce qui se trouve présentement sur cette impressionnante superproduction est à peu près irréprochable. La royale performance de Cate Blanchett qui est aussi magnifique dans ses élans d’amoureuse déçue que dans ses angoisses de bâtarde protestante menacée de toutes parts… Les décors somptueux, les costumes plus que seyants, les échanges intimistes comme la fresque historique à grand déploiement… Tout est mené de main de maître et à un rythme presque toujours de circonstance, bien que ce film de 115 minutes nous laisse avec le profond sentiment de faire parfois les coins ronds. Quelques très courtes scènes en effet pour illustrer le drame de Marie Stuart, cette cousine captive qu’Élisabeth 1ière dut faire décapiter pour sauvegarder son trône, ce qui détermina son ex-beau-frère Philippe II d’Espagne à lancer contre elle l’Invincible Armada. Quelques trop courtes scènes aussi pour illustrer la passion d’une souveraine qui se refuse au mariage mais aimerait bien succomber au parfum d’aventure que dégage le séduisant explorateur et pirate Sir Walter Raleigh, dans lequel Clive Owen y investit plus que sa belle gueule.

Alors ce n’est pas tant la thèse fort controversée d’une reine réellement vierge qui dérange ici, même si la virginité d’Élisabeth, authentique ou non, se révéla être l’une de ses armes politiques les plus efficaces, mais le manque d’un peu plus de chair autour d’un os qui ne manque pourtant pas de moelle. Ce qui donne malheureusement l’impression de voir au grand écran l’un des fameux condensés du Sélection du Reader’s Digest.

 

 

 


 

NE LE DIS À PERSONNE, vaut la peine qu’on en parle à tout le monde

Gagnant de quatre prix à la 32e cérémonie des César 2007, ce suspense du jeune réalisateur Guillaume Canet adapté à partir du roman éponyme d’Harlan Cohen est réussi à plus d’un titre. Tout d’abord, l’excellente distribution comprenant François Cluzet qui avec raison s’est mérité le César du meilleur acteur, André Dussollier, Jean Rochefort, Nathalie Baye, Jalil Lespert, Brigitte Catillon, Marina Hands, la Britannique Kristin Scott Thomas qui joue dans un français sans accent, et puis bien sûr notre jolie Marie-Josée Croze, mystérieuse à souhait. Plein d’atmosphère mais sans les longueurs qui d’habitude sont l’apanage des films français, "Ne le dis à personne" ne réinvente pas le bouton à quatre trous mais vous emportera dans une histoire tortueuse dont la fin vous réserve son lot de surprises, avec en plus quelques séquences d’action assez percutantes.

À noter, le making of que vous trouverez dans les suppléments. L’un des meilleurs documentaires du genre pour ceux qui s’intéressent vraiment à la démarche technique et artistique du réalisateur.

 

 

 


 

MINUIT, LE SOIR, fin d’une série culte

Troisième et ultime saison de la plus noire série que la télévision québécoise ait jamais produite, mais aussi l’une des plus originales avec des personnages foncièrement détestables ou attachants qui vous resteront pour toujours en mémoire. "Minuit, le soir" tire donc sa révérence en beauté avec en poche les sept prix Gémeaux qui lui ont été remis cette année, exploit qu’elle avait déjà réalisé en 2006. Pas facile la vie de bar avec les petites et grandes misères de la faune nocturne, mais ô combien poétiques sont les Claude Legault, Julien Poulin, Louis Champagne et Julie Perreault qui interprètent leurs rôles avec tellement de conviction qu’on en oublie que c’est juste de la télé.

 

 

 


 

UNE VRAIE FILLE… C’EST MOI ÇA?, un titre fort à propos

Très bien dirigée par l’auteur et metteur en scène Guy Fournier dont on reconnaît l’audace et les décennies d’expérience, Julie Caron réussit le difficile pari d’un humour féminin qui ose se frotter contre celui des hommes, que ce soit par son jeu très physique ou par la truculence de ses textes. Comme un Michel Barrette en jupons, Julie Caron brûle les planches avec sa touche bien personnelle. Une future star de l’humour à découvrir sans faute.

 


 

1408, distrayant mais sans plus

Pour les amateurs de Stephen King ou pour ceux qui aiment les films de peur tout court, "1408" vous propose une chambre d’hôtel hantée par tous les cauchemars de l’un des auteurs les plus adaptés au cinéma. Le problème, c’est qu’on les connaît déjà tous par cœur les cauchemars de Stephen King. Ce qui n’empêche pas John Cusack de se débattre avec beaucoup talent dans une suite assez divertissante d’effets spéciaux et de revirements de situation.

 

 

 

 

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½ ; pas du tout ; un peu ; assez ; beaucoup ; passionnément