Après un premier
roman paru en 2006, Le rêveur ailé,
Lucie Charron récidive pour une
deuxième fois poussée par l’inspiration
et remplie de visions sur l’actualité à
partager. Elle le fait à travers l’histoire
d’une jeune fille que la maladie fera grandir, parfois
peut-être un peu trop vite…

Laurence est âgée
de 11 ans et dû à un méningiome intracrânien,
elle a développé des atteintes motrices
et des troubles légers de langage. Ce méningiome
exerce une pression au niveau de certaines structures
nerveuses cérébrales et pour remédier
à cet état, elle doit subir une intervention
chirurgicale. Son père, Marc-André, de retour
de voyage juste avant l’opération, lui remet
un porte-bonheur trouvé par hasard à l’aéroport,
presque placé sur son chemin. Représentant
Ganesh, une divinité hindoue signifiant la protection,
il semble tout indiqué pour Laurence qui aura à
subir cette grande épreuve. Après la chirurgie
suit la réadaptation afin de maximiser le retrait
du méningiome et pour que Laurence retrouve en
grande partie ses capacités qu’elle avait
avant la maladie. Elle y fera la connaissance de jeunes
qui n’ont pas autant de chance qu’elle, mais
qui malgré tout gardent espoir et font leur possible
pour s’en sortir. Laurence travaille très
fort elle aussi, bien entourée de sa famille, de
ses amis et de Ganesh, l’éléphant
d’argent qui lui réserve encore quelques
surprises.

Lucie Charron
exploite un thème très intéressant
et touchant, la maladie chez les jeunes avec le courage
dont ils font preuve et l’amour que leur proche
leur donne. C’est un sujet déjà traité
à quelques reprises, mais non pas saturé
et qui permet encore de la profondeur. L’écrivaine
a ici une entrée en matière très
singulière en ayant recours à deux personnages
secondaires de l’histoire pour intégrer l’éléphant
d’argent, porte-bonheur acheté en Inde. Il
entre dans la vie de Laurence, la protagoniste, de façon
tout à fait fortuite. Avec cette introduction prometteuse,
on s’attend à un récit original et
surprenant, mais malheureusement il n’en ait rien.
L’histoire a du potentiel et c’est en général
bien écrit, mais il y a quelques irritants qui
nous empêchent d’être captivé.
Lucie Charron en avait vraisemblablement
beaucoup à dire, peut-être trop pour l’histoire
qu’elle a choisie. Elle intègre de nombreux
sujets d’actualité : l’environnement,
la discrimination, le harcèlement scolaire, des
notions psychologiques ou encore plus scientifiques sur
la faune marine, etc. Elle prête souvent ces discours
à ses personnages en leur donnant par exemple une
profession en lien avec le sujet. Cependant, ça
ne fonctionne pas toujours bien et les dialogues entre
les personnages sonnent parfois faux. On sent trop la
présence de l’auteur qui essaie de passer
un message et la crédibilité des personnages
en souffre. Laurence qui a 11 ans, bien qu’on la
décrive comme mature, a des conversations avec
son amie Audrey qui sont au-dessus du niveau d’un
enfant. Les protagonistes qui sont tout de même
touchants par moment ne réussissent pas vraiment
à convaincre le lecteur. Les idées sont
bonnes et beaucoup d’éléments sont
réunis pour avoir une bonne histoire, mais il manque
de finesse pour amalgamer le tout en un récit qui
s’enchaîne bien. On apprécie tout de
même le ton d’espoir qui plane au-dessus des
personnages, la réflexion qu’apportent les
divers sujets d’actualité traités
et les beaux moments du voyage en voilier en Nouvelle-Écosse
et au Nouveau-Brunswick qui nous font découvrir
cette région.
Pour ceux qui aiment
les livres qui font voyager, autant sur la planète
qu’à l’intérieur de soi, ce
roman va sans doute vous plaire. On sent un manque d’expérience
dans la formulation et le procédé littéraire,
mais le potentiel de l’auteur est indéniable.
Les
Éditions La Plume d’Oie: www.laplumedoie.com
184 pages, 18,95 $
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