Le lundi, 15 octobre 2007


Lancement à Montréal de la nouvelle tournée de Daniel Bélanger
Album : L’échec du Matériel

Bookmark and Share


Métropolis

59 Ste-Catherine Est
Montréal, Québec

Mercredi dernier, le 10 octobre 2007, Daniel Bélanger était de retour sur les planches du Métropolis, à Montréal, pour lancer sa nouvelle tournée 2007-2009. Après avoir fait un lancement d’album grand public, au Métropolis, en mai dernier, le voilà prêt à sillonner le Québec et à renouer ses liens avec le public. L’échec du matériel : un 6e album en 15 ans de carrière. Un album splendide qui vaut déjà à son auteur 5 nominations au Gala de l’ADISQ 2007 !!! Une reconnaissance totalement justifiée. Ce nouvel album est tout simplement exquis !!

 

 

Daniel Bélanger : quelle voix extraordinaire ! À la fois discret et d’un charisme incroyable, l’auteur-compositeur-interprète a littéralement charmé son public mercredi soir. D’entrée de jeu, caché derrière son clavier, il a ensorcelé la foule avec une pièce purement instrumentale : Amusements. Une petite mélodie qui rappelle les boîtes à musique de notre enfance : un carrousel ou une ballerine qui tourne sur elle-même quand on ouvre la boîte, cette petite boîte magique et secrète où l’on entasse des objets singuliers. Quelle belle façon de nous ouvrir son monde, de nous faire entrer dans le coin reculé de son univers où les objets se sont entassés, accumulés… où maintenant les souvenirs s’enfuient et galopent. Daniel Bélanger, l’antiquaire, nous fait entrer dans son grenier intérieur comme dans une mémoire matérielle, dans l’illusion d’une richesse qui finalement nous dépossède. C’est L’échec du matériel, d’une spiritualité qui a finit par se réduire à de simples objets. Dans les dédales de cette pièce obscure, il réalise l’ampleur du vide… et c’est dans cette absence que la poésie opère et prend vie. Un album à la fois féérique et ensorcelant !!!

 

 

L’échec du matériel, c’est le triomphe du mouvement, de tout ce qui reste insaisissable. C’est le constat d’une fuite incessante. On se rencontre, on entre en collision avec soi-même, là où l’on ne croyait pas être. C’est le désir d’être là où on l’on est pas. C’est la révélation du grand vide matériel qui nous habite, de ce rien qui se cache derrière les apparences. À la fois, le «Je est ailleurs » de Rimbaud et la grande faillite de l’opulence qui caractérise si bien notre culture occidentale. C’est le «Tout n’est que vanité des vanités » des grandes écritures. Plus philosophe que jamais, Daniel Bélanger laisse sa voix habiter cet espace de l’entre-deux, ce reste précieux qui existe entre lui et les objets. La vraie richesse est là, dans l’immense caisse de résonnance que le monde constitue autour de lui, de nous… autour de tout ce qui vit.

 

 

Décidément, cette première, très attendu des plus grands fans, a été magnifique. Sobre et authentique, Daniel Bélanger nous a tout simplement ouvert les portes de son jardin secret. Il nous a fait voyager d’un album à l’autre, dans un décor enchanteur et une ambiance vertigineuse. La scène, habitée par 5 talentueux musiciens et la choriste Janis Nicole Thompson, ressemblait à un toit d’immeuble situé en plein centre-ville : tuyaux de ventilation, puits de lumière, antennes paraboliques, etc. Un décor, surplombé d’un grand écran lumineux, qui donnait à l’ensemble du spectacle une saveur incontestablement urbaine. Une nuit de rêves où l’homme, dans sa petitesse, rencontre l’immensité du ciel étoilé. Une nuit où les insomniaques s’amusent.

Des chansons, une musique, un décor et un jeu d’éclairages signés Daniel Bélanger. Un spectacle à son image. À la fois retiré et extrêmement présent, l’auteur-compositeur-interprète habitait toutes les parcelles de ce petit microcosme qu’il a lui-même créé. Il était à la fois au centre de la scène et dans tout ce qui l’entourait. À la fois prisonnier des formes et libre comme l’air. Un spectacle vivant, plein de poésie et de suggestions sensorielles. Sur l’écran, des formes lumineuses se mélangeaient, défilaient, interpellaient notre imagination : mouvement de fumée, de soucoupe volante, d’eau qui coule, de météorites, etc. Une succession de formes, comme une traînée de poussières, qui passaient du rouge au bleu, au vert, au jaune… Des formes qui existaient l’espace d’un instant, éphémères comme le temps, comme tout ce qui passe. D’une intensité fugueuse. Il n’y avait qu’une chose à faire : se laisser porter, pour ne pas dire emporter.

 

 

En pleine possession de ses moyens, Daniel Bélanger s’est amusé avec le public, à le faire rire et chanter, pour réchauffer l’atmosphère. Une belle interaction avec les gens dans la salle, mais également avec ses musiciens sur scène. Il faut bien le dire, Daniel Bélanger n’hésite pas à se tasser, à se mettre un peu à l’écart, pour donner l’occasion à chaque musicien de mettre son talent en valeur. Marc Déry, qui a fait une brève apparition sur scène, l’instant d’une chanson, a même eu droit à son solo de batterie. En fait, tous les musiciens ont bénéficié de ce privilège : Dan Thouin aux claviers, Alain Quirion à la batterie et au xylophone, Olivier Langevin à la guitare et Gilles Brisebois à la basse. Une belle complicité entre les membres du groupe. Daniel Bélanger en a également profiter, son tour venu, pour improviser lui aussi. De sa belle voix, il s’est amusé à créer des impressions sonores : des bruits qui ressemblent à ceux qui résonnent dans les grandes villes la nuit, des sons qui rappellent ceux des dessins animés : entre autres, ceux du fameux bonhomme minimaliste qui marchait sur une ligne blanche et chialait, etc. Une belle performance fortement appréciée du public.

Voilà l’une des choses que j’apprécie énormément de Daniel Bélanger : cette créativité singulière qui fait appel à notre imagination, notre interprétation. Le spectateur a une place bien à lui dans le spectacle. Une forme de dialogue se crée entre le public et l’auteur : quelque chose passe, s’échange et se transforme. C’est vraiment particulier. Du même coup, Daniel Bélanger se permet de belles improvisations et lorsqu’il reprend ses vieux succès, il se permet d’en faire de nouvelles versions. Le résultat : un spectacle unique en soi, qui se différencie des enregistrements et qui offre une autre perspective du travail de l’artiste. En ce sens, ce nouveau spectacle est extraordinaire et répond parfaitement aux attentes du public.

Une fois de plus, Daniel Bélanger nous offre un spectacle de qualité, riche en couleurs et en émotions. L’ensemble est parfaitement dosé et l’enchaînement des chansons, qui passe d’un album à l’autre, va de soi. Peu à peu, l’auteur-compositeur-interprète nous fait entrer dans son univers, augmente le rythme, les intensités lumineuses et ce, jusqu’à une sorte d’explosion finale ! Les faisceaux lumineux tournent dans la salle et le public, euphorique, a l’impression de voyager dans l’univers, d’être emporté dans l’immensité du ciel étoilé. Tout simplement merveilleux. Un spectacle à voir et revoir. La tournée est lancée et Daniel Bélanger sera en spectacle un peu partout au Québec : Sherbrooke, Trois-Rivières, Chicoutimi, Sorel, Gatineau, Drummondville, etc. Pour en savoir plus sur les dates de représentations à venir, consulter le site www.danielbelanger.com

 

 

 

Crédit photos: Caroline Beaulieu

 

 

Accueil

Résolution : 1024 X 768 et Internet Explorer et Firefox
© 2006/2008 - Info-Culture.biz. Tous droits réservés. Il est interdit d’utiliser tout texte de ce Média Internet Culturel, par quelque moyen que ce soit, sans en demander
l’autorisation à Info-Culture.biz et à son auteur.

 

Légende
½ ; pas du tout ; un peu ; assez ; beaucoup ; passionnément