La beauté des
transports en commun, c’est la diversité
des gens qu’on y rencontre. Hommes, femmes, Québécois,
immigrants, étudiants ou retraités : ils
y sont tous réunis et discutent allégrement.
Les oreilles grandes ouvertes, on possède donc
le loisir de laisser libre cours à nos esprits
voyeurs de commentaires inédits.

Station du Grand
Théâtre. Une quinzaine d’amateurs
du quatrième art s’y entasse à la
fin du spectacle. Commentaires mitigés, opinions
partagées. Certains le comparent au film avec Gérard
Depardieu et se désolent de ne pas avoir retrouvé
cette éminence, alors d’autres le comparent
à l’œuvre originale et soulèvent
le point que la pièce n’y est pas en tout
point fidèle.
Station Calixa-Lavallée.
Derrière moi, trois collégiens disent avoir
retrouvé telle métaphore étudiée
en classe, disent s’être aperçu de
l’énumération grandiose dont le professeur
leur a tant vanté les mérites, disent avoir
reconnu la tirade si populaire qui est « tellement
plus impressionnante en vrai! ». Ils sont ébahis,
le théâtre leur est dévoilé,
enfin, sous son vrai jour grâce à des comédiens
en chair et en os.
Station Myrand.
Une Péruvienne dit à son mari avoir apprécié
la pièce, qui en est à sa troisième
semaine déjà, et lui affirme que les comédiens
maitrisent leur rôle sur le bout des doigts. Elle
a adoré.
Station de l’Université
Laval. Tous ont parlé de la pièce,
durant tout le trajet. Je sors de l'autobus et tente de
forger ma propre opinion, laissant les paroles des spectateurs
s'envoler avec la chaleur lorsque les portes de l’autobus
s'ouvrent sur l’hiver.
Je n’ai encore
eu la chance de voir Depardieu incarner l’homme
au grand nez, mais j'ai adoré Hugues Frenette,
à en frémir sous plusieurs répliques.
Je connaissais l'histoire sans pour autant avoir lu l’œuvre
entière : j’ai pourtant été
traversée de plusieurs frissons à chacun
des actes. Je n’ai pas, non plus, eu à étudier
ce texte, mais j’en ai également remarqué
la candeur et j’ai souri à bien des vers.
Il faut pourtant donner
leur juste. Les propos des spectateurs sont certes mitigés
à l’égard de cette pièce, mais
il n’en reste pas moins que je me range du côté
de tous les médias qui ont applaudi l'œuvre
maintes fois: c'est une pièce de grande qualité,
aux acteurs stupéfiants et dont les costumes valent
le détour. C’est là une pièce
que le Grand Théâtre a bien
fait de prendre comme invité, au plaisir de tous
les amateurs! On n’a qu’à jeter un
œil sur le nombre de billets vendus : il ne fait
aucun doute, cette pièce est à la hauteur
du texte d’Edmond Rostand !
Des supplémentaires
auront lieu 16-17 et 18 décembre 2008
Pour
information : 418 643-8131
http://www.letrident.com/
Crédit
photo: Théâtre du Trident
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