Couples.
Texte et mise en scène : Frédéric
Blanchette.
Distribution : Denis Bernard, Steve Laplante,
Marie-Hélène Thibault, Catherine-Anne Toupin.
Au
Théâtre d’Aujourd’hui, jusqu’au
19 avril 2008
http://www.theatredaujourdhui.qc.ca/Piece.aspx?id=7
Couples est une œuvre
modeste, tenant modestement la scène de la petite
salle Jean-Claude Germain du Théâtre
d’Aujourd’hui, devant un public assis
sur des chaises pliantes. Si j’insiste, c’est
pour mettre en lumière l’influence de l’endroit
physique sur la perception du spectacle. Dans cette salle
à échelle humaine, le plateau est disposé
en coin : bienvenue dans l’intimité du couple
moderne !
Tant qu’à
être dans des considérations de formats,
précisons que Couples n’est pas une pièce,
mais une série de onze courtes saynètes
regroupées sous cette inépuisable thématique.
L’avantage, comme pour un film à sketches
ou un recueil de nouvelles, c’est que l’action
est condensée et que, si le propos nous laisse
froid, on passe vite à autre chose ! L’inconvénient
principal, c’est qu’on a peu de temps pour
entrer dans les histoires ou s’attacher aux personnages.


Le comédien Frédéric
Blanchette, qui a écrit et mis en scène
cette comédie à facettes, a choisi d’illustrer
les affres du couple à coups de pinceaux rapides,
en désamorçant la tension par le rire. Tout
y passe : la timide séduction adolescente, le désir
inexprimé, le dilemme amour-amitié, le sexe
à répétition, les sentiments à
distance, l’infidélité, la rupture,
le tout avec une louable volonté de renouveler
le genre en conservant un regard amusé.
Malheureusement, pour
chaque très bonne idée, il y en a une autre
qui tombe à plat, au moins en partie. En cause
: cette tendance à l’étirement excessif,
qui dilue le gag ou le répète souvent inutilement.
Mais l’ensemble
tient la route grâce à la nature rebondissante
de ce genre d’écriture et à la proximité
du public, qui fait naître une complicité
immédiate.
Conquis, le spectateur
applaudit d’instinct le remarquable travail du quatuor
de comédiens sur les épaules desquels repose
l’essentiel. Marie-Hélène
Thibault, qui a démontré son potentiel
sur la plupart des scènes de Montréal, fait
preuve ici d’une aisance remarquable dans les compositions
les plus inattendues. Catherine-Anne Toupin
et Steve Laplante défendent fort
bien leur statut de valeurs montantes et prouvent leur
habileté dans le registre comique «décalé».
Cela dit, le métier de Denis Bernard
mérite d’être souligné tout
particulièrement : ce type-là peut tout
jouer avec une présence et une intensité
hors du commun. Même quand le texte faiblit, il
habite ses personnages avec une force qui tient véritablement
le public en haleine ! Dans la peau d’un vendeur
de chars prêt à tout ou en mari infidèle
qui bâtit des mensonges rocambolesques, il parvient
à déclencher le rire tout en préservant
la vulnérabilité de ses personnages.

Un des sketches les
plus drôles fait revivre une danse dans une école
secondaire de Brossard, en 1984. Quatre jeunes filles
en fleurs se disputent les faveurs du «premier choix»
parmi les garçons, et le spectateur – surtout
s’il a été adolescent dans les années
80 - savourera cette collection de clichés de séduction
!
Comme après une
fête d’école dont chacun repart avec
sa toune en tête, le spectateur sort de la représentation
avec ses petites déceptions personnelles, mais
aussi avec ses moments forts.
Crédit
photos: Théâtre d’Aujourd’hui
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