
Louise
Cofsky nous offre ici la suite de son premier roman,
“Mal de Père” vendu à
plus de mille exemplaires, qui nous racontait l’histoire
d’un jeune médecin parti trouver un sens à
sa vie en Guyana. Là-bas dans ce pays de soleil,
il y rencontre Fenella, mais aussi une jeune orpheline,
Betty, qu’il adopte. Cofsky
nous raconte maintenant la vie de Betty à Montréal,
où l’existence de chacun sera quelque peu chamboulée.

On retrouve
Jean-Bernard Lesage, chirurgien réputé
de l’hôpital Notre-Dame de Montréal,
avec sa petite Betty maintenant âgée
de sept ans. Alors que dans « Mal de Père
» Jean-Bernard réagissait à l’annonce
que son père n’était pas son père
biologique, ici les deux hommes ont su renouer, en partie
grâce à leur perle commune, Betty.
Cette dernière est heureuse jusqu’au jour où
Jean-Bernard et sa femme Diane ont un nouvel enfant, Caroline.
Betty se rend alors compte qu’elle est différente,
sa peau noire devient soudainement un problème pour
elle dans cette famille blanche. Elle vit une grande colère
et veut connaître la vérité sur son
passé que son père lui cache. Jean-Bernard,
au lieu de l’éclairer sur ses origines, veut
plutôt la protéger des souvenirs de son pays
natal afin qu’elle ne souffre pas. Diane, sa conjointe,
pense plutôt que c’est lui qui n’a pas
fait la paix avec cette vie qu’il a eue là-bas,
dont son amour pour Fenella. Un voyage au Costa Rica, Diane,
son père, sa sœur, Betty, mais aussi le destin
sauront lui ouvrir les yeux et le cœur.
«
Betty » est un joli roman qui se lit facilement
et dans lequel le lecteur se laisse bercer par la plume
évocatrice de Louise Cofsky. L’auteur
nous permet de nous glisser dans l’univers attachant
de la jeune Betty qui s’apprête à vivre
de grandes émotions. Bien que ce roman soit la suite
de « Mal de Père », il n’est
pas nécessaire d’avoir lu ce dernier pour comprendre
l’histoire qui nous est racontée. Le livre
comprend un résumé du premier récit,
mais comme il est à la fin, le lecteur ne le lit
que par après, un peu déçu de ne pas
l’avoir découvert avant sa lecture. Cependant,
il est facile de se glisser dans le monde dans lequel nous
plonge l’écrivaine. Les personnages sont réalistes
et sympathiques, autant ceux de Montréal que ceux
de la Guyana et on a parfois l’impression de pouvoir
les côtoyer dans notre quartier. Le roman nous donne
également la chance de voyager en Guyana et au Costa
Rica, de doux moments où l’on sent presque
le soleil nous chatouiller les pieds. On se promène
d’un matin frisquet à Montréal à
une chaleur torride en Guyana, parfois dans un même
chapitre, sans qu’il semble y avoir de véritable
structure fixe. Les relations familiales sont au cœur
du roman et on touche à plusieurs facettes qui les
composent. On reprend le thème de la relation père-fils
traité dans « Mal de Père »,
en y ajoutant celle père-fille en gravitant toujours
autour de la notion de vérité et des origines.
La vie de couple est aussi omniprésente avec Jean-Bernard
et Diane, mais surtout le passé et la patience
dont il faut parfois faire preuve dans une relation amoureuse.
Bien qu’il soit divertissant, ce roman nous amène
à nous poser beaucoup de questions sur les choses
essentielles de la vie. L’opposition du monde industrialisé
et riche de Montréal avec le rythme lent et la pauvreté
de la Guyana nous oblige à considérer les
habitudes, les espérances, les peurs et les joies
de chacun des deux milieux. Un seul reproche, qui malheureusement
peut irriter le lecteur, Cofsky verse parfois un
peu trop dans le romantique et les aventures amoureuses
dignes des romans Harlequin.
Betty est définitivement un roman
charmant où l’exotisme rencontre le quotidien,
au plaisir des lecteurs qui aiment voyager à travers
leur lecture. Sans être très complexe, la lecture
nous force à nous poser des questions importantes
sur nos rêves, sur nos désirs, sur ce qui est
important pour nous, mais aussi pour ceux qui nous entourent.
Une ouverture sur le monde qui peut facilement se transposer
dans notre environnement.
237
pages, 21,95 $
La
Plume d’Oie
www.laplumedoie.com
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